Archives de la catégorie : Production

Syntone a 10 ans!

Syntone, la revue d’actualité et de cri­tique radio­pho­nique a fêté ses 10 ans! Elle s’est joint à Radio Panik pour célé­brer la richesse de l’expression radio­pho­nique et a pro­po­sé une confé­rence-émis­sion-per­for­mance autour de l’histoire de la radio et son futur.

Archives, créa­tions, écri­tures, jeux pour l’oreille, la trans­mis­sion a explo­ré les mani­festes qui ont mar­qué l’histoire de l’art radio­pho­nique et s’est adon­né à la futu­ro­lo­gie pour des­si­ner les poten­tia­li­tés de la radio de demain et lais­ser s’exprimer avec fan­tai­sie nos dési­rs.

L’émission a ren­du éga­le­ment hom­mage à Marcel Xhaufflaire, membre fon­da­teur de Radio Panik et de l’ACSR, auteur lui même d’un texte mani­feste en 2001.

Avec:

- Juliette Volcler, coor­di­na­trice édi­to­riale de Syntone, cher­cheuse indé­pen­dante et autrice de deux essais : Le son comme arme, les usages poli­ciers et mili­taires du son (La Découverte, 2011) et Contrôle. Comment s’inventa l’art de la mani­pu­la­tion sonore (La Découverte / La Rue musi­cale, 2017).

- Étienne Noiseau, fon­da­teur de Syntone, artiste, réa­li­sa­teur sonore et cri­tique radio­pho­nique.

- Anna Raimondo, artiste sonore et radio­pho­nique, per­for­ma­trice et cura­trice de Saout Radio, avec Perline Desanges (médium) et Serge Ducas (astro­logue).

- Guillaume Abgrall, radio­logue, membre actif de Radio Panik.

- Bastien Hidalgo Ruiz et Damien Dewulf a la tech­nique.

Un évè­ne­ment orga­ni­sé par l’acsr dans le cadre des 35 ans de Radio Panik.
Quelques images par ici > http://www.acsr.be/galerie/syntone-a-10-ans/

Courage, fuyons!

J’arpente le quar­tier popu­laire des Marolles situé au cœur de Bruxelles, à la ren­contre de ses habi­tants, col­lec­tant auprès d’eux, de bouche à oreille, des his­toires vécues autour du thème de la fuite. Les paroles et les voix entrent en réso­nance avec les sono­ri­tés du quar­tier pour tis­ser une phi­lo­so­phie poé­tique et poli­tique de la fuite. Nous avons sans doute tous fui quelque chose…

La brebis galeuse

L’asile est une rési­dence de saints. Ce sont des saints les pauvres fous, sainte la bonne sœur qui s’occupe d’eux. Et le doc­teur est le plus saint de tous, c’est le chef des saints, c’est Jésus Christ.
Nicola nous raconte ses 35 ans d’ «asile élec­trique», et dans sa tête bou­le­ver­sée se heurtent réa­li­té et fan­tai­sie en pro­dui­sant d’imprévisibles illu­mi­na­tions. Nicola est né dans les années Soixante, « les fabu­leuses années Soixante », et le monde qu’il voit à l’intérieur de l’institut n’est fina­le­ment pas si dif­fé­rent de celui qui court là dehors – un monde où la seule chose qui semble ne pas pou­voir
se consu­mer est la peur.

Version 133

Et si d’autres mondes étaient pos­sibles ? Et si les Cités de la Grèce antique (Athènes, Argos, Thèbes…) avaient colo­ni­sé des conti­nents et étaient deve­nues de véri­tables civi­li­sa­tions modernes ? Et si les super-héros avaient réel­le­ment exis­té ? Et si un « jour­na­liste-prêtre » aux étranges pou­voirs était envoyé par son Dieu dans ce monde pour y mener une enquête ?
Une uchro­nie libre­ment adap­tée de la tra­gé­die d’Euripide Les Héraclides – mais sur­tout une féroce satyre poli­tique et sociale de notre temps.

Autopoïèse

« Elle est com­ment votre dou­leur là ? Sur une échelle de 1 à 10, elle est à com­bien ? ».

Derrière le rideau blanc d’une salle d’opération, se dresse un décor abs­trait, celui d’un voyage qui pren­drait sa source au coeur même d’une bles­sure. C’est ain­si que dans un état semi conscient, je reçois la visite du cen­taure Chiron. II m’indique un pas­sage, un tout petit espace, une synapse, d’où pro­vient un chant bien étrange…

Partant d’un évé­ne­ment vécu et des ren­contres du réel, Autopoïèse pro­pose des chutes et des varia­tions, une des­cente vers la fic­tion, la poé­sie et la mytho­lo­gie.

Moi, raciste?

ah ça vous vous inté­res­sez au quar­tier, au mul­ti­cul­tu­rel? Et bien moi je vais vous dire mon­sieur Liévin, le racisme, je l’ai vu naître. C’était en 1973, avec le choc pétro­lier. J’avais 16 ans je crois” — Abdel, 62 ans

Abdel est l’encadrant des appren­tis qui rénovent ma mai­son; Il récite son his­toire popu­laire du quar­tier, et me guide dans l’enfance et l’origine sociale de mon père. Puis sur­vient une époque dont Bruxelles pour­rait rou­gir, un épi­sode long de plus de 15 ans de vul­ga­ri­té poli­tique. Si “l’époque Nols” encap­sule les années de son long mayo­rat et limitent à un homme l’immoralité du dis­cours sur les étran­gers, la mémoire Abdel nous montre le temps conti­nu où les maro­cains de Belgique ont vécu la dis­cri­mi­na­tion, de façon bien plus salis­sante et impré­gnante qu’on ne pense le savoir aujourd’hui.

“je m’en sou­viens. Ma mère ne vou­lait pas que je joue avec mes copines maro­caines. “Ils ont des poux, ces gens-là, qu’elle disait. Je ne com­pre­nais pas” — Dominique, 58 ans

C’est en ce temps que je suis né, et heu­reu­se­ment les luttes anti­ra­cistes ont mora­li­sé cette poli­tique assu­mée d’un racisme ciblé qui per­dure jusqu’aujourd’hui. Le doc se veut un chan­tier mémo­riel qu’il nous reste à enta­mer pour réus­sir “le vivre ensemble”, cette quête bruxel­loise sans fin, dans notre Babel bra­ban­çonne qui rayonne désor­mais de son hyper-diver­si­té.

Sortir de ce jardin

«Sortir de ce jar­din» raconte l’histoire d’un groupe de per­sonnes, jeunes et moins jeunes, d’horizons variés, habi­tants et tra­vailleurs, pota­gistes, du quar­tier du vieux Molenbeek, dont la réa­li­sa­trice, Claire Gatineau, fait elle-même par­tie. Préoccupés par des ques­tions envi­ron­ne­men­tales et l’urgence cli­ma­tique, ils décident de se rendre à Paris en 2015 où se pré­pare la Cop 21. Mais, à la veille du départ, les atten­tats de Paris sus­pendent toute pos­si­bi­li­té de voyage. La com­mune de Molenbeek et ses habi­tants sont alors pris d’assaut et lar­ge­ment stig­ma­ti­sés par les médias. Sans aban­don­ner, les membres de ce groupe conti­nue­ront à vivre, à inven­ter des che­mins de tra­verse, à sor­tir de leur quar­tier, sor­tir de leurs jar­dins pour aller voir le monde.

Le ventre de Paul

Une enquête pour retrou­ver des sou­ve­nirs d’une gueule cas­sée dans les Vosges : Paul Marulaz, mon arrière⁻grand père. Accompagné par Marion Fabien et le jour­nal de guerre de Paul, c’est une plon­gée dans les mémoires, à la fron­tière du sou­ve­nir. Quels sont les restes de cette drôle de guerre ? Comment peut-on retrou­ver une famille après tant de bles­sures ?

Meute

2ème par­tie du trip­tyque Baron same­di

Un homme vit seul dans une petite mai­son à la cam­pagne. Pendant sa balade quo­ti­dienne, il ren­contre un chien. Ayant deux steaks dans son fri­go, il lui en offre un et mange le second. Le len­de­main, il n’y a pas un chien, mais deux. Heureusement, le super­mar­ché est ouvert. Ils mangent cha­cun leur steak. Le jour d’après, il y en a trois. Et le sui­vant quatre. Et puis cinq. Et six. Aujourd’hui, trente. Il n’y a plus de steak au super­mar­ché. Et les chiens ont faim.

Des chemins de traverse

Il existe en Wallonie comme dans beau­coup d’autres endroits, des per­sonnes à qui l’on a trans­mis des prières secrètes pour soi­gner, sou­la­ger la dou­leur et les maux du quo­ti­dien.
Une pra­tique ances­trale et vivace, qui fonc­tionne sans que l’on ne sache vrai­ment ni com­ment ni pour­quoi. Ici on se le raconte, du presque rien qui compte beau­coup.