Archives de la catégorie : Art et Culture

Naufrage en pleine terre

C’est L’Histoire … d’un héri­tage,
Une sorte de conte désen­chanté, trans­mis de mère en fille,
Un tas en vrac dans lequel se noue le récit d’une famille ;

L’Histoire d’un trop plein,
Un empa­que­tage sans fin d’objets que l’on porte, que l’on pousse, que l’on tire,
De caisses en car­ton où, entre les bibe­lots, s’agglutinent fan­tômes et sou­ve­nirs.

L’Histoire aus­si d’un vide,
Qui, brassé par les vagues de la mémoire, refait sur­face,
Et per­met d’apprivoiser le chaos et rega­gner de l’espace ;

C’est l’Histoire d’une tra­gé­die du quo­ti­dien,
Celle d’un pay­sage où l’on se noie, les deux pieds ancrés dans la matière,
Il était une fois …
« Naufrage en pleine terre »

La brebis galeuse

L’asile est une rési­dence de saints. Ce sont des saints les pauvres fous, sainte la bonne sœur qui s’oc­cupe d’eux. Et le doc­teur est le plus saint de tous, c’est le chef des saints, c’est Jésus Christ.
Nicola nous raconte ses 35 ans d’ «asile élec­trique», et dans sa tête bou­le­ver­sée se heurtent réa­li­té et fan­tai­sie en pro­dui­sant d’im­pré­vi­sibles illu­mi­na­tions. Nicola est né dans les années Soixante, « les fabu­leuses années Soixante », et le monde qu’il voit à l’in­té­rieur de l’ins­ti­tut n’est fina­le­ment pas si dif­fé­rent de celui qui court là dehors – un monde où la seule chose qui semble ne pas pou­voir se consu­mer est la peur.

Article presse: Télérama 3/07/2019
Le Monde 9/02/2020

Version 133

Et si d’autres mondes étaient pos­sibles ? Et si les Cités de la Grèce antique (Athènes, Argos, Thèbes…) avaient colo­ni­sé des conti­nents et étaient deve­nues de véri­tables civi­li­sa­tions modernes ? Et si les super-héros avaient réel­le­ment exis­té ? Et si un « jour­na­liste-prêtre » aux étranges pou­voirs était envoyé par son Dieu dans ce monde pour y mener une enquête ?
Une uchro­nie libre­ment adap­tée de la tra­gé­die d’Euripide Les Héraclides – mais sur­tout une féroce satyre poli­tique et sociale de notre temps.

Autopoïèse

« Elle est com­ment votre dou­leur là ? Sur une échelle de 1 à 10, elle est à com­bien ? ».

Derrière le rideau blanc d’une salle d’opération, se dresse un décor abs­trait, celui d’un voyage qui pren­drait sa source au coeur même d’une bles­sure. C’est ain­si que dans un état semi conscient, je reçois la visite du cen­taure Chiron. II m’indique un pas­sage, un tout petit espace, une synapse, d’où pro­vient un chant bien étrange…

Partant d’un évé­ne­ment vécu et des ren­contres du réel, Autopoïèse pro­pose des chutes et des varia­tions, une des­cente vers la fic­tion, la poé­sie et la mytho­lo­gie.

Retrouver sur Soundcloud, une inter­view de Anne Lepère — le 23/03/19 sur 48FM, lors de la dif­fu­sion de Autopoïèse dans l’é­mis­sion «La porte ouverte à toutes les fenêtres».

Le ventre de Paul

Une enquête pour retrou­ver des sou­ve­nirs d’une gueule cas­sée dans les Vosges : Paul Marulaz, mon arrière⁻grand père. Accompagné par Marion Fabien et le jour­nal de guerre de Paul, c’est une plon­gée dans les mémoires, à la fron­tière du sou­ve­nir. Quels sont les restes de cette drôle de guerre ? Comment peut-on retrou­ver une famille après tant de bles­sures ?

Peur-répondre

Commentaires ame­nés à par­ler. Une créa­tion radio­pho­nique de textes trou­vés.

Au moment où l’outil poli­tique — peur — est fécon­dé par la numé­ri­sa­tion des médias une réac­tion semble vitale: arti­cu­ler et par­ta­ger les peurs dif­fuses, sour­noises.
Les com­men­taires sont des fils de dis­cus­sions sans queue ni tête. Ces poly­logues se trans­forment-ils quant on tente de les faire entendre?

Malgré les algo­rithmes qui filtrent, ana­lysent, cen­surent et des équipes d’administrateurs qui gèrent du conte­nu; il n’y a pas de vue d’ensemble. Nous ne pou­vons qu’en rete­nir des frag­ments, des ins­tan­ta­nés, des snap-shots. Des idées.

Comme maté­riau d’écriture, Peur-répondre uti­lise des com­men­taires écrits, authen­tiques, trou­vés sur inter­net. Ils sont pris aux sérieux et inter­pré­tés par des voix ama­teurs. Nous avons ras­sem­blé ces frag­ments sonores sous forme de col­lage.

Le dis­cours n’est pas déta­chable du média. Quelle tableau appa­raît lors d’une soni­fi­ca­tion hybride de ces pla­te­formes, for­cé­ment sub­jec­tive et linéaire? Nous avons tra­duit et ren­du audible les élé­ments visuels des pla­te­formes: Para-textes, Thumbnails, Likes, Scrolls etc.

À la place de la quan­ti­fi­ca­tion et de la sta­tis­tique, nous cher­chons à rendre compte avec nos moyens artis­tiques. C’est notre contri­bu­tion à la dis­cus­sion.

On écoute la radio et parfois on l’entend

Quand écou­ter est une ten­ta­tive, entendre est un évè­ne­ment.
Si le son est une forme sub­tile de tou­cher, qu’en est-il de la radio?
On écoute la radio et par­fois on l’en­tend est un exer­cice de style, un petit jeu d’é­coutes gigognes qui essaie de sai­sir ce moment où une ren­contre peut avoir lieu.

Amikejo

Il existe en Belgique tout au bord de la fron­tière un petit coin où l’on parle alle­mand, où les forêts sont pro­fondes, et où, dans la petite ville de St Vith, 9 661 habi­tants, un groupe d’hu­mains, une bande de théâtre, se lève régu­liè­re­ment pour dire, en alle­mand : Das ist’s was wir sagen wol­len !*
Pour la plus grande joie des spec­ta­teurs, et par­fois, aus­si, pour leur colère bien trem­pée…
Amikejo c’est le por­trait de ces fous de théâtre et de leur région si par­ti­cu­lière.
C’est aus­si, en fili­granes, une invi­ta­tion à réflé­chir sur les uto­pies col­lec­tives et l’u­to­pie euro­péenne du vivre ensemble, qui semblent aujourd’­hui bien mises à mal, et où le retour des fron­tières et les ques­tions iden­ti­taires n’an­noncent rien qui vaille…

* Voilà ce que nous vou­lons vous dire!

Rascasse le vieux marin

La vie a chan­gé dans le petit port de pêche depuis que Rascasse a décou­vert une étrange bou­teille en plas­tique sur la plage. Il décide de s’en sépa­rer en pre­nant le large mais la mer le sur­prend et lui donne une mission…Ensemble, ils embarquent pour un monde oni­rique empreint de conscience éco­lo­gique.

Interview sur Radio Evasion

Quand la mer se retire


Quand la mer se retire est le por­trait sen­sible, intime et colo­ré d’Aurélie.

À la veille de ses 34 ans, Aurélie apprend qu’elle est gra­ve­ment malade. Un an après l’annonce de cette mala­die, c’est ici que com­mence l’histoire. Une his­toire vivante, une his­toire ani­mée, pleine d’hu­mour et de joie, autour des moyens qui mènent à la rési­lience lorsque le fil vient à lâcher. Un récit sonore sur la catas­trophe, sur la mala­die, sur la vie, sur la mort et sur ce qu’il y a entre.

Depuis l’autre côté du miroir, Aurélie s’est vue, à la fois très proche et à la fois très éloi­gnée d’elle-même, comme si elle regar­dait une autre femme, vivre ce qu’elle tra­ver­sait. À l’aide d’un micro elle se met à dis­tance. Elle tente de faire d’elle même un objet curieux, un objet d’étude. Elle se dédouble alors pour mieux se pro­té­ger et finit par se ren­con­trer. Ensemble avec Pierre, son com­pa­gnon, ils tissent la toile d’un récit colo­ré qui tra­verse le temps, à la recherche de l’existence et d’une véri­té qui leur appar­tient.