Cartographie du silence

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À la profusion du bruit né de la ville, nos sociétés ajoutent de nouvelles sources sonores, comme s’il fallait noyer le silence des lieux à l’intérieur d’un bassin permanent de bruits dont l’intérêt est de distiller en sous main un message sécurisant. […] Le visible a lui-même une membrure d’invisible et l’in-visible est la contrepartie secrète du visible.
Maurice Merleau-Ponty

1/ Confusione del silenzio – 7min08s
L’image d’un poisson parcourant les canaux de Venise, qui glisse sur l’onde, à l’infime (l’intime…) limite de sa surface. Il filtre par ses ouïes le paysage sonore de la ville, ce murmure qui enveloppe les lieux, à la recherche de son silence.

Le visible a lui-même une membrure d’invisible et l’in-visible est la contrepartie secrète du visible.
Maurice Merleau-Ponty

2/ Csend – 9min23s
Budapest a toutes ses fenêtres ouvertes. S’échappe même la vapeur des bains. Happé par le silence enveloppant les villes, notre poisson-mirage surgi du Danube prend le tram 47, le dernier tout en bois. La voix du peintre Abraham Rafael a, comme le cymbalum, des accents électroniques.
Le csend n’est pas le shunt, mais peut-être quand même une dérivation, c’est-à-dire un circuit parallèle.

3/ Ramblas – 4min46s
Cette énorme ville, éclatante de bruits. Les jeunes, venus des quatre coins de l’Europe, dansent la sardane le samedi devant la cathédrale, avant de s’éclater toute la nuit dans les boîtes techno. La vie s’organise autour de la véritable artère palpitante qui mène de la place de Catalogne au port, avec ses fleuristes et ses marchands d’oiseaux. Le soir, les Barcelonais se livrent à leur sport national, le Paseo (« promenade ») : on défile en groupe ou en couple sur la rambla en saluant au passage une foule bigarrée, bruyante et colorée.

4/ Glacier – 5min15s
Il y aujourd’hui un consensus pour affirmer que la fonte des glaciers est inévitable. La question est : à quelle vitesse cela arrivera-t-il ? Cela dépend en grande partie de l’ampleur du réchauffement, donc des activités humaines.
Prônons l’inactivité pour sauver notre peau.

5/ Lost in a daydream – 4min49s
Il est plus facile de se taire en présence d’une musique d’ambiance que dans le silence d’une salle d’attente où l’effacement ritualisé du corps, notamment, est plus malaisé à accomplir, la gêne plus tangible à moins de s’oublier dans la lecture d’une revue ou d’un livre et de parvenir à faire le silence en soi.

Réalisation, prise de son, montage: Anthony Carcone Mixage: Irvic D’Olivier, Jean-Baptiste Favory, Daniel Castano, Anthony Carcone

Production : acsr avec le soutien du FACR de la Fédération Wallonie-Bruxelles