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Chaotik Jarden

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Chaotik Jarden est un docu-fic­tion qui s’en­fonce dans une petite jungle en pleine ville. Il est fait d’am­biances rugueuses comme la terre, de scènes acci­den­tées comme le pay­sage urbain, de sons doux comme le duvet d’une feuille de courge. C’est un appel à la nature: « Dans ce monde qui construit des cages…soyons des oiseaux sau­vages!»

L’heure bleue

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« Ça com­mence comme ça… »

Comment ça com­mence, au fond ? Et est-ce que ça finit ?

Viola Vertigo, Tiziana et Philippe peinent à dor­mir ou s’endormir. Ils se livrent pudi­que­ment, tout en sla­lo­mant entre idées pré­con­çues et hypo­thé­tiques solu­tions hasar­deuses, tra­çant et retra­çant leur vécu noc­turne.

Que se passe-t-il quand le som­meil ne vient pas, alors que les ombres de l’insomnie se des­sinent sur nos murs et que la nuit n’en finit plus de silence ?

L’Heure Bleue est un docu­men­taire qui n’apporte aucune réponse ou expli­ca­tion à l’insomnie. Tout en sui­vant les dérives sen­sibles et déli­cates de la parole, il tente cepen­dant d’entrer dans un uni­vers intime, aus­si riche que varié. Sans pré­ten­tion et sans autre forme de trans­mis­sion que celle du témoi­gnage.

Lire l’in­ter­view de la réa­li­sa­trice par Bela: http://blog.bela.be/?p=2139

De l’autre côté de la porte

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Lorsqu’on les croise dans la rue, on les regarde inten­sé­ment avec curio­si­té voir même avec dégoût, ou on choi­sit sim­ple­ment de les igno­rer, par gêne. Mais lors­qu’on passe de l’autre côté de la porte, que l’on pénètre leur mai­son, leur uni­vers, la ren­contre devient pos­sible. Il suf­fit de tendre l’o­reille.

Je passe cette porte depuis seize ans, pour tra­vailler à leurs côtés. Je suis édu­ca­trice spé­cia­li­sée avec des adultes han­di­ca­pés men­taux sévères à pro­fonds. Je vous invite à pas­ser le pas avec moi. A écou­ter le quo­ti­dien de ces défi­cients men­taux et des «pro­fes­sion­nels» qui assurent leur bien-être. A com­prendre nos joies, nos peines, nos peurs.

A la manière d’un car­net de voyage, ce docu­men­taire tend à faire tom­ber les bar­rières du han­di­cap men­tal, en s’y confron­tant sans alarme et sans gêne. Une plon­gée au coeur même de l’in­ti­mi­té d’un métier et de la vie de per­sonnes authen­tiques et sans arti­fices, le plus sou­vent mues par un énorme besoin d’a­mour.

Phonobiographie #1

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C’était un jour d’hi­ver, à Madrid. J’ai pris l’express ‹Puerta del Sol› vers Bruxelles. A cette époque, Hendaya était le ter­mi­nus de nos trains. Les rails espa­gnols et fran­çais n’a­vaient pas le même écar­te­ment. Chez nous, les voies étaient plus étroites, petite mesure de défense prise par le gou­ver­ne­ment de Franco. On des­cen­dait du train, la valise dans une main et dans l’autre le pas­se­port bien ser­ré. Au milieu de la nuit, on tra­ver­sait cet espace à ciel ouvert, clô­tu­ré par des fils de métal ; cou­loir étroit et silen­cieux, inquié­tant, ‘tier­ra de nadie’. De l’autre côté, vingt-six ans d’une autre vie m’at­ten­daient et, je crois que je le devine déjà. Ce jour-là, je n’a­vais que vingt-six ans. Avant ce jour-là, il y a eu d’ autres jours, des mil­liers des jours que j’en­tends encore…

«La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se sou­vient et com­ment on s’en sou­vient» — Gabriel Garcia Marquez.

Chinoiserie

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« Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visi­ter avec une vieille amie. Pays sin­gu­lier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pour­rait appe­ler l’Orient de l’Occident, le Chine de l’Europe, tant la chaude et capri­cieuse fan­tai­sie s’y est don­né car­rière…»

Baudelaire, L’invitation au voyage, 1864.

En savoir plus sur le pro­jet «de chine» :
dechine.makaz.net
residence.lettrevolee.com/spip.php?rubrique17

De l’autre côté de la gare

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Il y a tout un quar­tier qui s’efface dou­ce­ment. Les nou­velles tours ont pris le des­sus sur les oiseaux étranges. Entre murs et vitrines, les nonnes et les pros­ti­tuées nous parlent d’espaces sen­sibles et indé­fi­nis­sables, incon­trô­lables et pour­tant loca­li­sables : ces petites rues, à l’arrière de la gare du Nord, qui bordent les rails..

A lire: Le temps d’une passe , un article de Sophie Auby paru dans le maga­zine C4

Le prix de l’exil

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Rabia vient du Maroc, de Oujda, une ville à l’économie lami­née et où les regards ne se tournent plus que vers « El Kharij », l’extérieur, comme disent cer­tains pour dési­gner l’Europe. Rêvant de chan­ger sa des­ti­née et celle de sa famille, Rabia a déci­dé de rejoindre cette Belgique incon­nue, fan­tas­mée et riche en pro­messes de len­de­mains meilleurs. Elle ne connaît pas encore le prix de l’exil…

« Nous sommes tous appe­lés à par­tir de chez nous, nous enten­dons tous l’appel du large (…), le besoin de quit­ter la terre natale, parce que sou­vent elle n’est pas assez riche, assez aimante, assez géné­reuse pour nous gar­der auprès d’elle. »

Tahar Ben Jelloun

Anton et Quentin

Anton et Quentin, deux frères. Quentin n’a pas accès au lan­gage et a été pla­cé dans un centre par ses parents. Anton ne peut pas se rési­gner à l’enfermement de son frère autiste, il a mit en place un mode de com­mu­ni­ca­tion où il démontre que son frère Quentin est un être à part entière, un sujet qui désire vrai­ment même si son accès au lan­gage est extrê­me­ment res­treint. Mais les idées et les entre­prises d’Anton ne sont pas aux goûts de tout le monde…

Passage Pacific

C’est un cou­loir ano­nyme et sombre d’une ving­taine de mètres dans le bas d’une cuvette, don­nant accès sur ce genre de grand car­re­four que les Belges dénomment abu­si­ve­ment une place. La place Saint-Josse est en tra­vaux pour deve­nir une vraie place.

L’idée ne vien­drait à per­sonne de se pro­me­ner pour le plai­sir dans ce pas­sage où l’on trouve; un ate­lier de répa­ra­tion élec­tro-ména­ger, une bou­tique de répa­ra­tion cou­ture, une super­ette, un bureau de poste, des locaux abri­tant des cours de langue, de ges­tion et d’in­for­ma­tique pour adultes, et une salle de jeux d’argent.

Le pas­sage Pacific est le rez-de-chaus­sée d’un immeuble à appar­te­ments, on l’emprunte par néces­si­té, fuga­ce­ment, ou si on habite un des appar­te­ments de l’im­meuble. Peu éclai­ré, inquié­tant et lugubre, c’est sans doute là tout son charme.

Caché et mécon­nu, ce lieu reflète une réa­li­té socio-éco­no­mique propre à Saint-Josse, et c’est aus­si une fron­tière. D’un côté, des quar­tiers influen­cés par la pré­sence des castes pri­vi­lé­giées des fonc­tion­naires euro­péens, de l’autre, des quar­tiers comme réser­vés à la mul­ti­tude des ghet­tos com­mu­nau­taires et où les maître-mots sont la débrouille, la récup’ et le bri­co­lage.

La forme radio­pho­nique adop­tée pour cette cap­sule est celle de la sono­gra­phie, la repré­sen­ta­tion par le son et sans com­men­taires et qui emprunte des accents au höer­spiel, le jeu pour les oreilles, le jeu d’é­coute. Une pro­me­nade dans un espace géo­gra­phique res­treint, une topo­lo­gie.