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Rascasse le vieux marin

La vie a chan­gé dans le petit port de pêche depuis que Rascasse a décou­vert une étrange bou­teille en plas­tique sur la plage. Il décide de s’en sépa­rer en pre­nant le large mais la mer le sur­prend et lui donne une mission…Ensemble, ils embarquent pour un monde oni­rique empreint de conscience éco­lo­gique.

La parole chanceuse

La Parole chan­ceuse est, à l’origine, un court texte de Marguerite Duras issu de son recueil La Vie maté­rielle, dont ne sub­siste ici que le titre. L’auteur y décrit l’armement invi­sible que pro­cure une parole dite « chan­ceuse » face à un audi­toire. Et quand ça vous est arri­vé une fois parait-il, la parole chan­ceuse, ça vous arrive tout le temps ensuite.
L’emprunt de cette for­mu­la­tion « magique » sert de pré­texte au dérou­le­ment d’un récit : le quo­ti­dien d’un foyer de jeunes filles, leurs appren­tis­sage du monde. Les indices de temps, de lieux et d’actions sont lacu­naires. À ce récit est enchâs­sé le dis­cours de Mohamed Ali qui pré­cé­da son com­bat contre George Foreman en 1974.

La Parole chan­ceuse est une pièce radio­pho­nique et musi­cale qui inter­roge tout à la fois le pou­voir éman­ci­pa­teur du verbe mais aus­si son impuis­sance. Le pre­mier enjeu de cette pièce fut d’interroger les codes du récit oral où la dra­ma­tur­gie repose tout autant sur les mots qu’à tra­vers la voix du nar­ra­teur, sa pro­so­die. Ce double lexique, entre repré­sen­ta­tion du lan­gage et per­cep­tion sen­sible de la voix, est deve­nu ter­rain d’exploration for­mel et musi­cal. Cette infir­mi­té du verbe à figu­rer les angles morts du lan­gage est contour­née par la voix elle-même. Le tré­bu­che­ment des énon­cés, les grains de voix variés, les arrêts et frac­tures donnent cer­tains indices per­cep­tifs au récit, à sa nar­ra­tion. Marguerite Duras et Mohamed Ali sont convo­qués comme les figures tuté­laires de cette « parole chan­ceuse », cha­cun muni de leur arse­nal, conci­sion impla­cable du texte et force d’intimidation du dis­cours.

A lire un article dans Bela.

Avec le vent

Tout d’abord, il y a le souffle, celui qui ras­sure…
Ensuite arrive le son, celui qui raconte…
Virginia, Aram et Vardan soufflent leurs émo­tions et de ce souffle nous par­viennent leurs his­toires. L’histoire de l’exil, des sou­ve­nirs d’Arménie, un jour où le vent s’est levé et où il a fal­lu tout quit­ter.

Monsieur le Directeur

Ainsi com­mencent les cour­riers adres­sés au Directeur de la radio publique belge entre 1958 et 1968. Tous les pré­textes sont bons pour prendre la plume : un audi­teur se plaint de la dif­fu­sion d’une chan­son aux paroles jugées trop osées, une jeune fille se demande com­ment deve­nir spea­ke­rine, les ouvriers d’une usine sou­hai­te­raient entendre plus d’opérettes à l’heure de leur pause déjeu­ner, …

Au cours de cette décen­nie, pour des rai­sons tout autant poli­tiques, socié­tales que tech­niques, la radio se méta­mor­phose. Elle se fait de moins en moins véhi­cule de la parole offi­cielle, pour se tour­ner vers une pro­gram­ma­tion diver­tis­sante adap­tée aux mœurs d’une nou­velle géné­ra­tion ; et deve­nir peu à peu le lieu de l’émancipation d’une parole récol­tée doré­na­vant sur le ter­rain.

À tra­vers une sélec­tion de lettres entre­la­cée à des archives de la radio d’alors, ce docu­men­taire explore les façons de faire et d’écouter la radio, et nous inter­roge sur la place qu’elle occupe aujourd’hui dans nos vies.

La première fois que je suis devenu fou(le)

«Je péné­trais dans un champs de conscience qui m’était jusqu’alors inter­dit ou caché et je n’y recon­nais­sais rien. J’ai eu l’impression ver­ti­gi­neuse d’accéder à un nou­vel étage de mon être. Je ne savais pas si j’étais mort ou si je venais de naître. Tout y était inouï et incer­tain. Je ne pou­vais plus inter­pré­ter ce que je res­sen­tais. J’avais un nou­vel uni­vers à déchif­frer dont chaque signe était un miroir de ma per­plexi­té.
Je me suis dit, ou plu­tôt cela s’est dit à tra­vers moi :
Ma folie est le der­nier rem­part entre moi et une liber­té totale.
Qui céde­ra le pre­mier ? Le rem­part ? Moi ? Ou la Liberté ?»

Le souffle de l’arpenteur

Partir à la recherche du souffle juste… Juste pour un joueur de naï, juste pour un alpi­niste, juste pour un urgen­tiste, juste pour une artiste. Les his­toires et les vies se croisent. Et elles croisent la mort. Le voyage prend alors l’allure d’une quête, et lorsque les mots manquent, les sons prennent le relai… C’est alors que l’oreille crée le pay­sage. Le coeur est plus proche…
Et dans les espaces qui s’ouvrent à nous sen­tir que l’on res­pire et que, quoi que l’on fasse, la vie y est un élan.

John Haute Fidélité

Une tra­gé­die sha­kes­pea­rienne dans le monde de Google /
Facebook, racon­tée du point de vue d’une intel­li­gence arti­fi­cielle fan­tôme.
Le vieux P-DG de Poodle – une célèbre mul­ti­na­tio­nale d’intelligence arti­fi­cielle – est sur le point de mou­rir. Il com­mu­nique ses der­nières volon­tés à John Haute Fidélité, le pro­duit-phare de son entre­prise, un assis­tant per­son­nel connec­té dont la répu­ta­tion est de connaître vos dési­rs mieux que vous – mêmes. Tout son royaume sera trans­mis à son fils natu­rel Junior, à l’exception de la chambre forte qui ren­ferme le secret de l’algorithme de John. L’intelligence de John semble si humaine que Poodle père a déci­dé de l’adopter comme un second fils. Mais après la mort du père, d’étranges voix résonnent dans le palais. Un lar­sen de dési­rs inas­sou­vis gronde dans les cou­loirs. Un crime se pré­pare. La tra­gé­die de l’ère numé­rique peut com­men­cer.

Qualia

Cinq femmes artistes pro­ve­nant de dif­fé­rentes cultures mettent en paroles une expé­rience phy­sique forte, mar­quante à vie. L’une d’entre elles ne dit pas la véri­té. Du lan­gage cor­po­rel et du lan­gage par­lé. De la richesse du bilin­guisme. De la com­plexi­té des tra­duc­tions. De l’usage du sens, du son et des sens.
Qualia ques­tionne l’utilisation du son dans le sto­ry­tel­ling, sa capa­ci­té à tou­cher le sub­cons­cient, sa puis­sance à pro­vo­quer des réac­tions phy­siques et des images men­tales. Vous voyez ce que je veux dire?

El Gat

Photo de Aylen Torres

Photo de Aylen Torres

El Gat est aux aguets, il observe atten­tif et amu­sé la vie qui passe sur la Rambla del Raval. À tra­vers l’écoute des pay­sages sonores du quar­tier et de la parole don­nées aux habi­tants et pas­sants, l’énigmatique Gat va révé­ler ses vies pas­sées.

Du 12 au 24 sep­tembre 2016, l’artiste sonore Chloé Despax réa­lise au cours d’une rési­dence à La Place cette pièce radio­pho­nique sur El Gat, sculp­ture monu­men­tale en bronze réa­li­sée par Botero.
L’hörspiel qui en résulte est com­po­sé d’éléments sonores hété­ro­gènes, col­lec­tés au tra­vers d’une varié­té de dis­po­si­tifs tech­niques et par­ti­ci­pa­tifs dans l’espace public. Soundscapes, poé­sies, matières sonores abs­traites, mul­ti­pli­ci­té de voix et de langues s’y entre­mêlent pour don­ner corps et vie au félin gigan­tesque.