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Et tout se tut — Und alles schwieg

Quatre voix d’hommes et femmes par­courent en alle­mand et en fran­çais les Sonnets à Orphée de Rainer Maria Rilke. Les voix, mur­mu­rées et voca­li­sées, enche­vêtrent les langues et se déploient comme une matière sonore.
Mots, timbres, expres­sion, scan­sion, sus­pen­sions, sou­pirs, rires… nous parlent de l’in­té­rieur de l’être, celui ani­mé de souffle et sou­mis simul­ta­né­ment à la gra­vi­té ter­restre et à l’at­trac­tion des astres.

Merci Madame

Illustration de Dominique Goblet
Illustration de Dominique Goblet

«Madame, je vais vous confier un secret. Je vou­drais bien qu’un jour vous arri­viez à me punir pour une véri­table rai­son, que vous consi­dé­riez que je mérite sin­cè­re­ment de l’être et non par ce que c’est moi qui vous le demande. Je vous implore la pro­chaine fois de me punir véri­ta­ble­ment pour des rai­sons fon­dées et méri­tées, à vous de voir pour­quoi en réflé­chis­sant un peu, vous trou­ve­rez sûre­ment.»

A 39 ans, Michael, infirme moteur céré­bral, attend tou­jours que la vie passe. C’est alors qu’il ren­contre Madame et son mar­ti­net pré­fé­ré. Grâce à cette rela­tion sin­gu­lière, il entre­prend une cure sévère de remise en forme phy­sique et psy­chique, intègre un réseau social et réa­lise quelques pas — pour la pre­mière fois de sa vie — sans aide et sans béquilles. «Merci Madame», pre­mière créa­tion radio­pho­nique de Marie Lisel, nous invite à par­ta­ger ce pro­ces­sus éton­nant de nais­sance à soi.

Lien FB: www.facebook.com/MerciMadameLisel

VOIX#AGES

A tra­vers la ville, dans la mai­son de repos, avec nos corps… a la décou­verte des sons qui nous entourent, l’éveil des émo­tions… le feu, l’a­mour, la gare, le bruit du rouge… le mys­tère et l’inconnu, les peurs, le noir de la guerre… les sou­ve­nirs qui s’écoulent et se ren­contrent là ou la Meuse et la Sambre partent ensemble…On connaît cette chan­son… le soleil, la lumière et le réver­bère… on s’éclaire, on marche, on chante, on voyage ensemble…

La femme sans visage

«La femme sans visage» est un rêve. Les per­son­nages n’ont pas de visage. Ils ne sont plus que voix, et les voix des per­son­nages déclinent un même texte, une même musique, un même fan­tasme. La sen­sua­li­té des voix est étrange parce qu’elle ren­voie à la mort. L’auditeur est dans une sorte de demi-som­meil: il écoute les voix des quatre comé­diennes qui se par­tagent le texte pour ne for­mer qu’un per­son­nage, dans quatre langues (Français, Anglais, Italien et Allemand) et il entend des sons du réel, exté­rieurs au rêve qui peuvent inter­ve­nir comme élé­ments déclen­cheurs ou de rup­ture. Les deux tem­po­ra­li­tés (réel et rêve) s’in­fluencent.

Mosquito

Le com­bat d’une jeune femme contre l’u­ti­li­sa­tion du répul­sif sonore Mosquito est le fil conduc­teur de cette fable caus­tique. L’appareil en ques­tion émet des sons sur­ai­gus que seules les jeunes oreilles peuvent entendre. Présenté par son fabri­cant comme un remède au com­por­te­ment anti­so­cial, le Mosquito asso­cie toute une par­tie de la popu­la­tion – les jeunes — à une espèce nui­sible. Incapable de dis­tin­guer un com­por­te­ment anti­so­cial d’un autre, il apporte à un pro­blème de socié­té réel une réponse bru­tale et sim­pliste, qui déplace le pro­blème plus qu’elle ne le résout. Mais au-delà de cette dis­cri­mi­na­tion évi­dente à l’en­contre des jeunes, le Mosquito en amène une autre plus insi­dieuse, cette fois à l’en­contre des plus vieux, car il révèle à ceux qui ne l’en­tendent plus qu’ils ont pas­sé l’âge et que leur oreille est sur la pente du déclin. Pour cette rai­son et pour ména­ger les sus­cep­ti­bi­li­tés, ce docu­men­taire est for­te­ment décon­seillé aux per­sonnes de plus de 25 ans.