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L’univers danse le Semah

« L’Univers danse le semah » est un témoi­gnage d’exil. Celui d’une mino­ri­té hété­ro­doxe long­temps per­sé­cu­tée par l’Etat turc, les alé­vis, dont les pra­tiques rituelles sont émi­nem­ment basées sur la musique, la danse et la poé­sie. En quête d’une recon­nais­sance au-delà de l’islam, une par­tie de la com­mu­nau­té des alé­vis de Belgique tente aujourd’hui de pré­ser­ver et redé­cou­vrir ces tra­di­tions musi­cales. Ces formes de résis­tances cultu­relles sont une occa­sion d’explorer de nou­veaux ter­ri­toires poli­tiques et sonores où se réin­vente une parole long­temps bri­mée.

Avec le vent

Tout d’abord, il y a le souffle, celui qui ras­sure…
Ensuite arrive le son, celui qui raconte…
Virginia, Aram et Vardan soufflent leurs émo­tions et de ce souffle nous par­viennent leurs his­toires. L’histoire de l’exil, des sou­ve­nirs d’Arménie, un jour où le vent s’est levé et où il a fal­lu tout quit­ter.

Le tigre de papier

Dans les débats liés à la dis­cri­mi­na­tion, aux chan­ge­ments de socié­té, aux vio­lences poli­cières, à l’islam, au voile, ou encore à l’histoire colo­niale belge, à la Place Lumumba, aux sta­tues et noms de rue de Bruxelles, cer­taines pen­sées sont res­tées inau­dibles un temps.

Grandis dans la capi­tale, actifs au sein des sphères scien­ti­fiques, éco­no­miques, cultu­relles et socio-poli­tiques belges, 12 inter­ve­nants m’ont consa­cré ce temps. Le che­mi­ne­ment cho­ral, tis­sé à par­tir de leurs réponses, évoque la rela­tion à l’histoire, aux fis­sures, et au sens que l’on se donne.

Entre appa­ri­tions, aspi­ra­tions, oublis, il existe une réso­nance de quelque chose qui a tin­té dés le départ. Mais que l’on n’a pas enten­du. Qui entoure un débat avant même qu’il ne com­mence. Ce pre­mier opus par­tage la sor­tie de cette étape trop étroite.
Le second évo­que­ra les réfé­rences et les évé­ne­ments, les actions menées dans le cadre de l’émancipation, du tra­vail et des pro­jets qui ont émer­gés au fil de cette réso­nance.

Gnawas, jour et nuit

Illustration: Margaux Nessi

Dans un ter­ri­toire bruxel­lois fer­tile à la créa­tion, à la dif­fu­sion cultu­relle et dans le contexte actuel trou­blé, une par­tie de la com­mu­nau­té maro­caine de Belgique per­pé­tue une branche cap­ti­vante de son héri­tage, la musique gna­wa, une musique spi­ri­tuelle, de transe, intro­duite dans le monde arabe par les esclaves noirs.
Aujourd’hui, ses membres résistent à leur manière en trans­met­tant loca­le­ment l’esthétique envoû­tante d’une musique por­tée par les chants et les sono­ri­tés cap­ti­vantes des ins­tru­ments qui lui sont propres (le guem­bri, le tbel et les qrâ­qeb).

Qualia

Cinq femmes artistes pro­ve­nant de dif­fé­rentes cultures mettent en paroles une expé­rience phy­sique forte, mar­quante à vie. L’une d’entre elles ne dit pas la véri­té. Du lan­gage cor­po­rel et du lan­gage par­lé. De la richesse du bilin­guisme. De la com­plexi­té des tra­duc­tions. De l’usage du sens, du son et des sens.
Qualia ques­tionne l’utilisation du son dans le sto­ry­tel­ling, sa capa­ci­té à tou­cher le sub­cons­cient, sa puis­sance à pro­vo­quer des réac­tions phy­siques et des images men­tales. Vous voyez ce que je veux dire?

Me, my English and all the languages of my life

Anna_radio

Vivant et tra­vaillant dans le monde entier, Anna Raimondo s’interroge sur sa rela­tion avec les dif­fé­rentes langues de sa vie: l’italien, l’espagnol, le fran­çais et l’anglais. Elle décide de suivre un cours de pho­né­tique pour apprendre à par­ler avec un accent bri­tan­nique. Quelque part entre le ridi­cule et le sérieux, l’hésitation et l’encouragement, l’exploration de Anna invite les audi­teurs à une dégus­ta­tion hybride de langues.

La Sicile à bout de souffle

autoportrait la sicile

Il y a celle qui part et ceux qui res­tent.

Chaque année, Chiara rentre chez elle pour par­ti­ci­per à une marche anti-mafia.

Chaque année, elle amène avec elle des amis. Pour qu’ils découvrent à tra­vers ses yeux son île. Pour qu’elle puisse se rap­pe­ler à elle même d’où elle vient. Il y a celle qui part et ceux qui res­tent. La déchi­rure des départs émerge de l’intimité des ren­contres.

Guillaume Abgrall et Chiara Todaro conçoivent la radio comme un espace où le sou­ve­nir, le non-dit, les paroles indi­cibles peuvent s’exprimer.

La radio ouvre la pos­si­bi­li­té d’un dia­logue avec l’absence, avec le pas­sé. Le manque et le man­qué se racontent.

Phonobiographie #1

phonobio back side mouths end

C’était un jour d’hiver, à Madrid. J’ai pris l’express ‹Puerta del Sol› vers Bruxelles. A cette époque, Hendaya était le ter­mi­nus de nos trains. Les rails espa­gnols et fran­çais n’avaient pas le même écar­te­ment. Chez nous, les voies étaient plus étroites, petite mesure de défense prise par le gou­ver­ne­ment de Franco. On des­cen­dait du train, la valise dans une main et dans l’autre le pas­se­port bien ser­ré. Au milieu de la nuit, on tra­ver­sait cet espace à ciel ouvert, clô­tu­ré par des fils de métal ; cou­loir étroit et silen­cieux, inquié­tant, ‘tier­ra de nadie’. De l’autre côté, vingt-six ans d’une autre vie m’attendaient et, je crois que je le devine déjà. Ce jour-là, je n’avais que vingt-six ans. Avant ce jour-là, il y a eu d’ autres jours, des mil­liers des jours que j’entends encore…

«La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se sou­vient et com­ment on s’en sou­vient» — Gabriel Garcia Marquez.

Chinoiserie

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« Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visi­ter avec une vieille amie. Pays sin­gu­lier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pour­rait appe­ler l’Orient de l’Occident, le Chine de l’Europe, tant la chaude et capri­cieuse fan­tai­sie s’y est don­né car­rière…»

Baudelaire, L’invitation au voyage, 1864.

En savoir plus sur le pro­jet «de chine» :
dechine.makaz.net
residence.lettrevolee.com/spip.php?rubrique17