Archives du mot-clé : oreille et audition

Trait pour trait

Ni tota­le­ment fic­tion, ni exclu­si­ve­ment docu­men­taire, ce por­trait explore une zone de cir­cu­la­tion où modèle et por­trai­tiste se ren­contrent. Comme un jeu de cligne-musette où les rôles de celui qui compte et de celui qui se cache seraient ren­dus poreux. Enregistrées lors de cinq tom­bées de nuit consé­cu­tives dans l’intimité du salon, les paroles de Nadia invitent l’auditeur à une par­tie de colin-maillard ; yeux ban­dés et bras ten­dus, libre de devi­ner les contours d’un visage qui prend inlas­sa­ble­ment la tan­gente.

Avec le vent

Tout d’abord, il y a le souffle, celui qui ras­sure…
Ensuite arrive le son, celui qui raconte…
Virginia, Aram et Vardan soufflent leurs émo­tions et de ce souffle nous par­viennent leurs his­toires. L’histoire de l’exil, des sou­ve­nirs d’Arménie, un jour où le vent s’est levé et où il a fal­lu tout quit­ter.

La première fois que je suis devenu fou(le)

«Je péné­trais dans un champs de conscience qui m’était jusqu’alors inter­dit ou caché et je n’y recon­nais­sais rien. J’ai eu l’impression ver­ti­gi­neuse d’accéder à un nou­vel étage de mon être. Je ne savais pas si j’étais mort ou si je venais de naître. Tout y était inouï et incer­tain. Je ne pou­vais plus inter­pré­ter ce que je res­sen­tais. J’avais un nou­vel uni­vers à déchif­frer dont chaque signe était un miroir de ma per­plexi­té.
Je me suis dit, ou plu­tôt cela s’est dit à tra­vers moi :
Ma folie est le der­nier rem­part entre moi et une liber­té totale.
Qui céde­ra le pre­mier ? Le rem­part ? Moi ? Ou la Liberté ?»

Qualia

Cinq femmes artistes pro­ve­nant de dif­fé­rentes cultures mettent en paroles une expé­rience phy­sique forte, mar­quante à vie. L’une d’entre elles ne dit pas la véri­té. Du lan­gage cor­po­rel et du lan­gage par­lé. De la richesse du bilin­guisme. De la com­plexi­té des tra­duc­tions. De l’usage du sens, du son et des sens.
Qualia ques­tionne l’utilisation du son dans le sto­ry­tel­ling, sa capa­ci­té à tou­cher le sub­cons­cient, sa puis­sance à pro­vo­quer des réac­tions phy­siques et des images men­tales. Vous voyez ce que je veux dire?

Come come

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«Écouter les sirènes signi­fie être entré dans l’espace cen­tral d’une tona­li­té qui nous inter­pelle inti­me­ment et désor­mais, vou­loir res­ter dans la source d’émotion de ce son dont on ne peut se pas­ser «. Peter Sloterdijk, Sphères I. Bulles (1998)

Come Come est né d’une inter­ro­ga­tion fas­ci­née sur la figure des sirènes, à par­tir de celles d’Homère, qui révé­lèrent à Ulysse un « tré­sor » de science. Quel était-il ? L’histoire ne le dit pas. Mais si les sirènes reve­naient dans notre monde contem­po­rain, quel serait ce « tré­sor » adres­sé aux humains ? Dans une fic­tion empreinte de réa­lisme magique, Isabelle Dumont et Candy Saulnier nous guident à la décou­verte de cette énigme à tra­vers un voyage vocal et musi­cal.

Cette fic­tion radio­pho­nique est la pre­mière par­tie d’un dip­tyque sur les sirènes dont la pro­chaine étape pren­dra la forme d’un réci­tal scé­nique.

Derrière les yeux

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J’ai tou­jours connu ma grand-mère, Eugénie, comme quelqu’un d’authentique, une conteuse, une bonne vivante, ani­mée d’un esprit posi­tif. Lors de nos ren­contres, nous échan­geons sur sa vie et plus par­ti­cu­liè­re­ment sur la vie rurale dans les Ardennes. Elle me raconte sur le ton de l’humour com­ment à l’âge de 38 ans elle a per­du pro­gres­si­ve­ment la vue. N’étant pas née à cette époque, j’avais envie d’en savoir davan­tage. Je découvre ain­si com­ment elle a fait face à cette perte. Et je me rends compte à quel point son quo­ti­dien est orga­ni­sé en fonc­tion de sa céci­té: comp­ter les marches, se repé­rer à la lumière…

Des cd’s séri­gra­phiés en édi­tion limi­tée et au prix de 6euros peuvent être com­man­dés à atelier[at]acsr.be.

Des cailloux dans les poches

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Je prends mon temps, je n’écoute même plus quand tu me dis que tu en as assez de m’attendre, je m’en veux déjà à l’idée de cou­per ta voix au mon­tage, et j’enregistre encore la musique d’une camion­nette, un mar­chand de glaces ou peut-être de fruits, je suis trop loin pour voir. Tu montes avec lui et tu t’en vas.

HO

HO 4

HO où j’ai pas­sé quelques semaines à mar­cher, et à mar­cher, en Islande, la terre y éjecte sa matière, et sa matière est de l’eau, et sa matière est de l’air, et sa matière est du feu et de la terre. Les plaques (tec­to­niques) croissent et on croise une mul­ti­tude de petits gey­sers, des fume­rolles pro­ve­nant des entrailles de la terre. HO est à la fois un docu­men­taire ani­ma­lier sur la dis­pa­ri­tion des dino­saures islan­dais, un docu-fic­tion d’expédition vol­ca­nique, une fic­tion sur l’histoire de l’univers et l’apparition de la matière selon les quan­tas.

C’est une his­toire d’attirances, de forces, de répul­sions, d’agencements, de chocs. D’amour et de haine. Voici ce que pour­rait pro­po­ser cette abs­trac­tion. Ils sont mignons comme des petits lézards, dan­ge­reux comme un T-rex, et pour­tant, ne sont que de l’eau et du vent. Parfois, un peu de terre, bleue. Ou rouge.

Et tout cela fait se rap­pro­cher l’auditeur de sa radio, car il pense qu’un nou­veau pul­sar inter­fère avec les fré­quences radios de son poste radio.

thomasturine.wordpress.com

Mosquito

Le com­bat d’une jeune femme contre l’utilisation du répul­sif sonore Mosquito est le fil conduc­teur de cette fable caus­tique. L’appareil en ques­tion émet des sons sur­ai­gus que seules les jeunes oreilles peuvent entendre. Présenté par son fabri­cant comme un remède au com­por­te­ment anti­so­cial, le Mosquito asso­cie toute une par­tie de la popu­la­tion – les jeunes — à une espèce nui­sible. Incapable de dis­tin­guer un com­por­te­ment anti­so­cial d’un autre, il apporte à un pro­blème de socié­té réel une réponse bru­tale et sim­pliste, qui déplace le pro­blème plus qu’elle ne le résout. Mais au-delà de cette dis­cri­mi­na­tion évi­dente à l’encontre des jeunes, le Mosquito en amène une autre plus insi­dieuse, cette fois à l’encontre des plus vieux, car il révèle à ceux qui ne l’entendent plus qu’ils ont pas­sé l’âge et que leur oreille est sur la pente du déclin. Pour cette rai­son et pour ména­ger les sus­cep­ti­bi­li­tés, ce docu­men­taire est for­te­ment décon­seillé aux per­sonnes de plus de 25 ans.