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El Gat

Photo de Aylen Torres

Photo de Aylen Torres

El Gat est aux aguets, il observe atten­tif et amu­sé la vie qui passe sur la Rambla del Raval. À tra­vers l’écoute des pay­sages sonores du quar­tier et de la parole don­nées aux habi­tants et pas­sants, l’énigmatique Gat va révé­ler ses vies pas­sées.

Du 12 au 24 sep­tembre 2016, l’artiste sonore Chloé Despax réa­lise au cours d’une rési­dence à La Place cette pièce radio­pho­nique sur El Gat, sculp­ture monu­men­tale en bronze réa­li­sée par Botero.
L’hörspiel qui en résulte est com­po­sé d’éléments sonores hété­ro­gènes, col­lec­tés au tra­vers d’une varié­té de dis­po­si­tifs tech­niques et par­ti­ci­pa­tifs dans l’espace public. Soundscapes, poé­sies, matières sonores abs­traites, mul­ti­pli­ci­té de voix et de langues s’y entre­mêlent pour don­ner corps et vie au félin gigan­tesque.

Come come

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«Écouter les sirènes signi­fie être entré dans l’espace cen­tral d’une tona­li­té qui nous inter­pelle inti­me­ment et désor­mais, vou­loir res­ter dans la source d’émotion de ce son dont on ne peut se pas­ser «. Peter Sloterdijk, Sphères I. Bulles (1998)

Come Come est né d’une inter­ro­ga­tion fas­ci­née sur la figure des sirènes, à par­tir de celles d’Homère, qui révé­lèrent à Ulysse un « tré­sor » de science. Quel était-il ? L’histoire ne le dit pas. Mais si les sirènes reve­naient dans notre monde contem­po­rain, quel serait ce « tré­sor » adres­sé aux humains ? Dans une fic­tion empreinte de réa­lisme magique, Isabelle Dumont et Candy Saulnier nous guident à la décou­verte de cette énigme à tra­vers un voyage vocal et musi­cal.

Cette fic­tion radio­pho­nique est la pre­mière par­tie d’un dip­tyque sur les sirènes dont la pro­chaine étape pren­dra la forme d’un réci­tal scé­nique.

Des cailloux dans les poches

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Je prends mon temps, je n’écoute même plus quand tu me dis que tu en as assez de m’attendre, je m’en veux déjà à l’idée de cou­per ta voix au mon­tage, et j’enregistre encore la musique d’une camion­nette, un mar­chand de glaces ou peut-être de fruits, je suis trop loin pour voir. Tu montes avec lui et tu t’en vas.

Existence souterraine

existence_souterrainePartage d’un moment en com­pa­gnie de Vincent Duseigne, explo­ra­teur d’univers enfouis. Il se balade et récolte des bribes d’un pas­sé indus­triel, d’une mémoire minière oubliée et cachée. L’univers des sou­ter­rains, envou­tant et dan­ge­reux, est deve­nu une pas­sion pour lui. Dans un silence gla­çant, il s’enfonce dans la pénombre. Au gré de la marche, il raconte ses trou­vailles et se livre dans ces gale­ries laby­rin­thiques.

Aux douches

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«Bruxelles, pis­cine des Marolles. À l’écart des plon­geoirs, des bas­sins et de l’odeur du chlore, au bout d’un long cou­loir, se trouve un espace mécon­nu, celui des bains-douches. Dans l’intimité d’une cabine métal­lique, les 20 minutes d’eau chaude sont pré­cieuses. Sous le tumulte de l’eau, le temps s’étire, le monde se dis­sout. La parole se libère. L’eau agit comme un révé­la­teur, fait remon­ter à la sur­face des sou­ve­nirs anciens. Il y a l’intérieur et le dehors. Avant et après. Les éclats de voix de Viviane, Alfred, Eric, Leo et Marc animent ce lieu, le font réson­ner.»

Chaotik Jarden

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Chaotik Jarden est un docu-fic­tion qui s’enfonce dans une petite jungle en pleine ville. Il est fait d’ambiances rugueuses comme la terre, de scènes acci­den­tées comme le pay­sage urbain, de sons doux comme le duvet d’une feuille de courge. C’est un appel à la nature: « Dans ce monde qui construit des cages…soyons des oiseaux sau­vages!»

Chinoiserie

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« Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visi­ter avec une vieille amie. Pays sin­gu­lier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pour­rait appe­ler l’Orient de l’Occident, le Chine de l’Europe, tant la chaude et capri­cieuse fan­tai­sie s’y est don­né car­rière…»

Baudelaire, L’invitation au voyage, 1864.

En savoir plus sur le pro­jet «de chine» :
dechine.makaz.net
residence.lettrevolee.com/spip.php?rubrique17

VOIX#AGES

A tra­vers la ville, dans la mai­son de repos, avec nos corps… a la décou­verte des sons qui nous entourent, l’éveil des émo­tions… le feu, l’amour, la gare, le bruit du rouge… le mys­tère et l’inconnu, les peurs, le noir de la guerre… les sou­ve­nirs qui s’écoulent et se ren­contrent là ou la Meuse et la Sambre partent ensemble…On connaît cette chan­son… le soleil, la lumière et le réver­bère… on s’éclaire, on marche, on chante, on voyage ensemble…

Passage Pacific

C’est un cou­loir ano­nyme et sombre d’une ving­taine de mètres dans le bas d’une cuvette, don­nant accès sur ce genre de grand car­re­four que les Belges dénomment abu­si­ve­ment une place. La place Saint-Josse est en tra­vaux pour deve­nir une vraie place.

L’idée ne vien­drait à per­sonne de se pro­me­ner pour le plai­sir dans ce pas­sage où l’on trouve; un ate­lier de répa­ra­tion élec­tro-ména­ger, une bou­tique de répa­ra­tion cou­ture, une super­ette, un bureau de poste, des locaux abri­tant des cours de langue, de ges­tion et d’informatique pour adultes, et une salle de jeux d’argent.

Le pas­sage Pacific est le rez-de-chaus­sée d’un immeuble à appar­te­ments, on l’emprunte par néces­si­té, fuga­ce­ment, ou si on habite un des appar­te­ments de l’immeuble. Peu éclai­ré, inquié­tant et lugubre, c’est sans doute là tout son charme.

Caché et mécon­nu, ce lieu reflète une réa­li­té socio-éco­no­mique propre à Saint-Josse, et c’est aus­si une fron­tière. D’un côté, des quar­tiers influen­cés par la pré­sence des castes pri­vi­lé­giées des fonc­tion­naires euro­péens, de l’autre, des quar­tiers comme réser­vés à la mul­ti­tude des ghet­tos com­mu­nau­taires et où les maître-mots sont la débrouille, la récup’ et le bri­co­lage.

La forme radio­pho­nique adop­tée pour cette cap­sule est celle de la sono­gra­phie, la repré­sen­ta­tion par le son et sans com­men­taires et qui emprunte des accents au höer­spiel, le jeu pour les oreilles, le jeu d’écoute. Une pro­me­nade dans un espace géo­gra­phique res­treint, une topo­lo­gie.