Archives du mot-clé : Poésie

Fantasmes

Crédit: Dominique Goblet

Fantasmes est une créa­tion radio­pho­nique à ne pas à mettre entre les oreilles des per­sonnes mineures ou sen­sibles. Le dis­po­si­tif d’exploration sous hyp­nose, pro­po­sé par Marie Lisel, repousse les limites de l’imaginaire bien au-delà de ce qu’il est pos­sible ou auto­ri­sé de vivre dans le réel par­ta­gé. Ce n’est que dans une dimen­sion oni­rique que le fan­tasme, telle une caresse pour le cer­veau, sou­lage la ten­sion du désir. L’accompagné jouit alors de ses pleines poten­tia­li­tés aven­tu­reuses et éman­ci­pa­trices.

Rascasse le vieux marin

La vie a chan­gé dans le petit port de pêche depuis que Rascasse a décou­vert une étrange bou­teille en plas­tique sur la plage. Il décide de s’en sépa­rer en pre­nant le large mais la mer le sur­prend et lui donne une mission…Ensemble, ils embarquent pour un monde oni­rique empreint de conscience éco­lo­gique.

L’univers danse le Semah

« L’Univers danse le semah » est un témoi­gnage d’exil. Celui d’une mino­ri­té hété­ro­doxe long­temps per­sé­cu­tée par l’Etat turc, les alé­vis, dont les pra­tiques rituelles sont émi­nem­ment basées sur la musique, la danse et la poé­sie. En quête d’une recon­nais­sance au-delà de l’islam, une par­tie de la com­mu­nau­té des alé­vis de Belgique tente aujourd’hui de pré­ser­ver et redé­cou­vrir ces tra­di­tions musi­cales. Ces formes de résis­tances cultu­relles sont une occa­sion d’explorer de nou­veaux ter­ri­toires poli­tiques et sonores où se réin­vente une parole long­temps bri­mée.

Trait pour trait

Ni tota­le­ment fic­tion, ni exclu­si­ve­ment docu­men­taire, ce por­trait explore une zone de cir­cu­la­tion où modèle et por­trai­tiste se ren­contrent. Comme un jeu de cligne-musette où les rôles de celui qui compte et de celui qui se cache seraient ren­dus poreux. Enregistrées lors de cinq tom­bées de nuit consé­cu­tives dans l’intimité du salon, les paroles de Nadia invitent l’auditeur à une par­tie de colin-maillard ; yeux ban­dés et bras ten­dus, libre de devi­ner les contours d’un visage qui prend inlas­sa­ble­ment la tan­gente.

La parole chanceuse

La Parole chan­ceuse est, à l’origine, un court texte de Marguerite Duras issu de son recueil La Vie maté­rielle, dont ne sub­siste ici que le titre. L’auteur y décrit l’armement invi­sible que pro­cure une parole dite « chan­ceuse » face à un audi­toire. Et quand ça vous est arri­vé une fois parait-il, la parole chan­ceuse, ça vous arrive tout le temps ensuite.
L’emprunt de cette for­mu­la­tion « magique » sert de pré­texte au dérou­le­ment d’un récit : le quo­ti­dien d’un foyer de jeunes filles, leurs appren­tis­sage du monde. Les indices de temps, de lieux et d’actions sont lacu­naires. À ce récit est enchâs­sé le dis­cours de Mohamed Ali qui pré­cé­da son com­bat contre George Foreman en 1974.

La Parole chan­ceuse est une pièce radio­pho­nique et musi­cale qui inter­roge tout à la fois le pou­voir éman­ci­pa­teur du verbe mais aus­si son impuis­sance. Le pre­mier enjeu de cette pièce fut d’interroger les codes du récit oral où la dra­ma­tur­gie repose tout autant sur les mots qu’à tra­vers la voix du nar­ra­teur, sa pro­so­die. Ce double lexique, entre repré­sen­ta­tion du lan­gage et per­cep­tion sen­sible de la voix, est deve­nu ter­rain d’exploration for­mel et musi­cal. Cette infir­mi­té du verbe à figu­rer les angles morts du lan­gage est contour­née par la voix elle-même. Le tré­bu­che­ment des énon­cés, les grains de voix variés, les arrêts et frac­tures donnent cer­tains indices per­cep­tifs au récit, à sa nar­ra­tion. Marguerite Duras et Mohamed Ali sont convo­qués comme les figures tuté­laires de cette « parole chan­ceuse », cha­cun muni de leur arse­nal, conci­sion impla­cable du texte et force d’intimidation du dis­cours.

A lire un article dans Bela.

La première fois que je suis devenu fou(le)

«Je péné­trais dans un champs de conscience qui m’était jusqu’alors inter­dit ou caché et je n’y recon­nais­sais rien. J’ai eu l’impression ver­ti­gi­neuse d’accéder à un nou­vel étage de mon être. Je ne savais pas si j’étais mort ou si je venais de naître. Tout y était inouï et incer­tain. Je ne pou­vais plus inter­pré­ter ce que je res­sen­tais. J’avais un nou­vel uni­vers à déchif­frer dont chaque signe était un miroir de ma per­plexi­té.
Je me suis dit, ou plu­tôt cela s’est dit à tra­vers moi :
Ma folie est le der­nier rem­part entre moi et une liber­té totale.
Qui céde­ra le pre­mier ? Le rem­part ? Moi ? Ou la Liberté ?»

Le souffle de l’arpenteur

Partir à la recherche du souffle juste… Juste pour un joueur de naï, juste pour un alpi­niste, juste pour un urgen­tiste, juste pour une artiste. Les his­toires et les vies se croisent. Et elles croisent la mort. Le voyage prend alors l’allure d’une quête, et lorsque les mots manquent, les sons prennent le relai… C’est alors que l’oreille crée le pay­sage. Le coeur est plus proche…
Et dans les espaces qui s’ouvrent à nous sen­tir que l’on res­pire et que, quoi que l’on fasse, la vie y est un élan.

John Haute Fidélité

Une tra­gé­die sha­kes­pea­rienne dans le monde de Google /
Facebook, racon­tée du point de vue d’une intel­li­gence arti­fi­cielle fan­tôme.
Le vieux P-DG de Poodle – une célèbre mul­ti­na­tio­nale d’intelligence arti­fi­cielle – est sur le point de mou­rir. Il com­mu­nique ses der­nières volon­tés à John Haute Fidélité, le pro­duit-phare de son entre­prise, un assis­tant per­son­nel connec­té dont la répu­ta­tion est de connaître vos dési­rs mieux que vous – mêmes. Tout son royaume sera trans­mis à son fils natu­rel Junior, à l’exception de la chambre forte qui ren­ferme le secret de l’algorithme de John. L’intelligence de John semble si humaine que Poodle père a déci­dé de l’adopter comme un second fils. Mais après la mort du père, d’étranges voix résonnent dans le palais. Un lar­sen de dési­rs inas­sou­vis gronde dans les cou­loirs. Un crime se pré­pare. La tra­gé­die de l’ère numé­rique peut com­men­cer.