Archives de la catégorie : Art et Culture

John Haute Fidélité

Une tra­gé­die sha­kes­pea­rienne dans le monde de Google / Facebook, racon­tée du point de vue d’une intel­li­gence arti­fi­cielle fantôme.

Le vieux P‑DG de Poodle – une célèbre mul­ti­na­tio­nale d’intelligence arti­fi­cielle – est sur le point de mou­rir. Il com­mu­nique ses der­nières volon­tés à John Haute Fidélité, le pro­duit-phare de son entre­prise, un assis­tant per­son­nel connec­té dont la répu­ta­tion est de connaître vos dési­rs mieux que vous – mêmes. Tout son royaume sera trans­mis à son fils natu­rel Junior, à l’exception de la chambre forte qui ren­ferme le secret de l’algorithme de John. L’intelligence de John semble si humaine que Poodle père a déci­dé de l’adopter comme un second fils. Mais après la mort du père, d’étranges voix résonnent dans le palais. Un lar­sen de dési­rs inas­sou­vis gronde dans les cou­loirs. Un crime se pré­pare. La tra­gé­die de l’ère numé­rique peut commencer.


Teaser vidéo réa­li­sé par Maël Lagadec.

Gnawas, jour et nuit

Illustration: Margaux Nessi

Dans un ter­ri­toire bruxel­lois fer­tile à la créa­tion, à la dif­fu­sion cultu­relle et dans le contexte actuel trou­blé, une par­tie de la com­mu­nau­té maro­caine de Belgique per­pé­tue une branche cap­ti­vante de son héri­tage, la musique gna­wa, une musique spi­ri­tuelle, de transe, intro­duite dans le monde arabe par les esclaves noirs.
Aujourd’hui, ses membres résistent à leur manière en trans­met­tant loca­le­ment l’es­thé­tique envoû­tante d’une musique por­tée par les chants et les sono­ri­tés cap­ti­vantes des ins­tru­ments qui lui sont propres (le guem­bri, le tbel et les qrâqeb).

Qualia

Cinq femmes artistes pro­ve­nant de dif­fé­rentes cultures mettent en paroles une expé­rience phy­sique forte, mar­quante à vie. L’une d’entre elles ne dit pas la véri­té. Du lan­gage cor­po­rel et du lan­gage par­lé. De la richesse du bilin­guisme. De la com­plexi­té des tra­duc­tions. De l’u­sage du sens, du son et des sens.
Qualia ques­tionne l’utilisation du son dans le sto­ry­tel­ling, sa capa­ci­té à tou­cher le sub­cons­cient, sa puis­sance à pro­vo­quer des réac­tions phy­siques et des images men­tales. Vous voyez ce que je veux dire?

El Gat

Photo de Aylen Torres

Photo de Aylen Torres

El Gat est aux aguets, il observe atten­tif et amu­sé la vie qui passe sur la Rambla del Raval. À tra­vers l’é­coute des pay­sages sonores du quar­tier et de la parole don­nées aux habi­tants et pas­sants, l’é­nig­ma­tique Gat va révé­ler ses vies passées.

Du 12 au 24 sep­tembre 2016, l’ar­tiste sonore Chloé Despax réa­lise au cours d’une rési­dence à La Place cette pièce radio­pho­nique sur El Gat, sculp­ture monu­men­tale en bronze réa­li­sée par Botero.
L’hörspiel qui en résulte est com­po­sé d’éléments sonores hété­ro­gènes, col­lec­tés au tra­vers d’une varié­té de dis­po­si­tifs tech­niques et par­ti­ci­pa­tifs dans l’espace public. Soundscapes, poé­sies, matières sonores abs­traites, mul­ti­pli­ci­té de voix et de langues s’y entre­mêlent pour don­ner corps et vie au félin gigantesque.

Jouk li jou

JoukLiJou

Tourbillon d’hommes et de pous­sière, Port-au-Prince ne se tait jamais. De l’aube à l’aube, 2 mil­lions d’habitants, de coqs et de chiens déam­bulent sur des trot­toirs invi­sibles, livrés à eux-mêmes pour effa­cer les der­nières traces du séisme du 12 jan­vier 2010. Voici les chants de ceux qui, chaque jour, cherchent à apai­ser la terre qui gronde ou à crier plus fort qu’elle.

JOUK LI JOU en écoute sur:

Cette créa­tion a été rea­li­sée en paral­lèle du docu­men­taire audio de Caroline Berliner «Jusqu’à ce qu’il fasse jour» (52 min) consa­crée à trois artistes de Port-au-Prince lors du fes­ti­val de théâtre Quatre Chemins, à décou­vrir par ici.

Jusqu’à ce qu’il fasse jour

Jusqua_ce_qui_fasse_jour

Haïti, décembre 2014.

Poètes et pen­seurs s’apprêtent à inves­tir les ruines de Port-au-Prince pour pré­sen­ter au public leurs pro­chaines créa­tions théâtrales.

De quoi rêve-t-on quand on a 30 ans à Port-au-Prince ? Pour soi-même, pour l’autre pour le pays ? Quelle place occupe l’artiste dans un pays où tout pous­se­rait vers d’autres prio­ri­tés, plus criantes, plus néces­saires ? Avec quoi s’avance-t-on dans l’âge adulte dans un pays où l’on dit que l’on sur­vit plu­tôt que l’on vit ?

A l’aube du Festival de théâtre Quatre Chemins — et de la com­mé­mo­ra­tion du séisme qui dévas­ta le pays cinq ans plus tôt – Caroline Berliner a sui­vi leur déam­bu­la­tion sur le ter­ri­toire de la capi­tale et a cher­ché les coïn­ci­dences entre fic­tion et réa­li­té, par­cours intime et his­toire col­lec­tive, néces­si­té artis­tique et enga­ge­ment citoyen.

En paral­lèle de ce docu­men­taire, Félix Blume et Caroline Berliner ont réa­li­sé JOUK LI JOU, une carte pos­tale sonore où l’on peut entendre les chants et les sons d’une jour­née à Port-au-Prince. C’est pro­duit par Arte Radio et c’est à décou­vrir par ici.

Un article «UNE RADIOGRAPHIE DE PORT-AU-PRINCE» est paru dans le MagHaiti: à lire ici http://www.maghaiti.net/jusqua-ce-quil-fasse-jour-une-radiographie-de-port-au-prince/

Gertrude, c’est ton vrai nom ?

gertrude pochette_recto

- Gertrude, arrête de boire.
 — Arrête de me dire Gertrude, arrête de boire.
 — Ça va, c’est une blague ! C’est la pre­mière fois que je ren­contre quel­qu’un qui s’ap­pelle Gertrude. Ça me fait pen­ser à Hamlet, la scène finale où la reine Gertrude boit le poi­son des­ti­né à Hamlet…
 — Tu crois que tu es le pre­mier à me la faire ? D’abord le roi dit «Gertrude, ne buvez pas.»
Et elle répond «mais si mon­sei­gneur, je bois.» Point. Et je bois. Point.
 — Et elle meurt empoisonnée.

 — Et je t’emmerde.

Come come

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Écouter les sirènes signi­fie être entré dans l’espace cen­tral d’une tona­li­té qui nous inter­pelle inti­me­ment et désor­mais, vou­loir res­ter dans la source d’émotion de ce son dont on ne peut se pas­ser .

Peter Sloterdijk, Sphères I. Bulles (1998)

Come Come est né d’une inter­ro­ga­tion fas­ci­née sur la figure des sirènes, à par­tir de celles d’Homère, qui révé­lèrent à Ulysse un « tré­sor » de science. Quel était-il ? L’histoire ne le dit pas. Mais si les sirènes reve­naient dans notre monde contem­po­rain, quel serait ce « tré­sor » adres­sé aux humains ? Dans une fic­tion empreinte de réa­lisme magique, Isabelle Dumont et Candy Saulnier nous guident à la décou­verte de cette énigme à tra­vers un voyage vocal et musical.

Cette fic­tion radio­pho­nique est la pre­mière par­tie d’un dip­tyque sur les sirènes dont la pro­chaine étape pren­dra la forme d’un réci­tal scénique.

Pamela

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Pour le dire en un mot, Pamela, c’est un feuille­ton radio­pho­nique à l’eau de rose infes­té par un virus poé­ti­co-trash appe­lé Processus, mélan­geant tout avec tout, et bou­le­ver­sant de façon déli­rante l’univers rose bon­bon très conven­tion­nel de Pamela et John.

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