Archives de la catégorie : Formation et Education

Ainsi brament-ils

Benoît et Baptiste sont pas­sion­nés par le cerf. Ensemble, ils suivent sa piste, l’appellent, l’écoutent, l’observent, le pho­to­gra­phient, le com­prennent. Une com­pé­tence que père et fils expo­se­ront au Championnat natio­nal d’imitation du brame de Saint-Hubert.
Expression bes­tiale de la riva­li­té, le brame affec­te­ra-t-il leur com­pli­ci­té ? C’est l’histoire d’une trans­mis­sion, d’un lien fort entre la nature et l’homme, d’une pas­sion com­mune pour le cerf avec toute sa sym­bo­lique, et, au bout du compte, d’une inévi­table confron­ta­tion.

A lire, un article sur pointculture.be

L’envol de l’école

L’envol de l’é­cole est le car­net de bord sonore d’une démarche à l’am­bi­tion folle : réin­ven­ter l’é­cole.

Imaginez une école qui affi­che­rait en grande lettres sur sa façade la phrase “Apprendre pour être libre”; une école qui repen­se­rait entiè­re­ment l’organisation tra­di­tion­nelle des cours pour leur don­ner plus de sens et trans­mettre aux élèves le désir d’apprendre;
une école où les déci­sions seraient prises col­lé­gia­le­ment par les élèves et les profs,
une école dont l’objectif serait d’inclure tout le monde, et plus par­ti­cu­liè­re­ment les élèves plus pré­caires.

Pendant sept ans, Le pro­jet de cette école a été rêvé, pen­sé, ima­gi­né par un groupe de pas­sion­nés de péda­go­gie, “les péda­go­nautes”. Avec la Commune de Saint-Gilles, ils ont fait de ce rêve une réa­li­té.

Le 1er sep­tembre 2017, cette école a pris son envol sous le nom de “Lycée Intégral Roger Lallemand”

Durant 6 épi­sodes de 25 minutes, le docu­men­taire plonge l’au­di­teur dans le réel des profs et des élèves et s’at­tache, au tra­vers de quelques per­son­nages à racon­ter la confron­ta­tion de ce pro­jet uto­pique à la réa­li­té du ter­rain. Il rend compte de cette réa­li­té dans sa com­plexi­té, loin des dis­cours et des leçons de morale.

Le ventre de Paul

Une enquête pour retrou­ver des sou­ve­nirs d’une gueule cas­sée dans les Vosges : Paul Marulaz, mon arrière⁻grand père. Accompagné par Marion Fabien et le jour­nal de guerre de Paul, c’est une plon­gée dans les mémoires, à la fron­tière du sou­ve­nir. Quels sont les restes de cette drôle de guerre ? Comment peut-on retrou­ver une famille après tant de bles­sures ?

Peur-répondre

Commentaires ame­nés à par­ler. Une créa­tion radio­pho­nique de textes trou­vés.

Au moment où l’outil poli­tique — peur — est fécon­dé par la numé­ri­sa­tion des médias une réac­tion semble vitale: arti­cu­ler et par­ta­ger les peurs dif­fuses, sour­noises.
Les com­men­taires sont des fils de dis­cus­sions sans queue ni tête. Ces poly­logues se trans­forment-ils quant on tente de les faire entendre?

Malgré les algo­rithmes qui filtrent, ana­lysent, cen­surent et des équipes d’administrateurs qui gèrent du conte­nu; il n’y a pas de vue d’ensemble. Nous ne pou­vons qu’en rete­nir des frag­ments, des ins­tan­ta­nés, des snap-shots. Des idées.

Comme maté­riau d’écriture, Peur-répondre uti­lise des com­men­taires écrits, authen­tiques, trou­vés sur inter­net. Ils sont pris aux sérieux et inter­pré­tés par des voix ama­teurs. Nous avons ras­sem­blé ces frag­ments sonores sous forme de col­lage.

Le dis­cours n’est pas déta­chable du média. Quelle tableau appa­raît lors d’une soni­fi­ca­tion hybride de ces pla­te­formes, for­cé­ment sub­jec­tive et linéaire? Nous avons tra­duit et ren­du audible les élé­ments visuels des pla­te­formes: Para-textes, Thumbnails, Likes, Scrolls etc.

À la place de la quan­ti­fi­ca­tion et de la sta­tis­tique, nous cher­chons à rendre compte avec nos moyens artis­tiques. C’est notre contri­bu­tion à la dis­cus­sion.

On écoute la radio et parfois on l’entend

Quand écou­ter est une ten­ta­tive, entendre est un évè­ne­ment.
Si le son est une forme sub­tile de tou­cher, qu’en est-il de la radio?
On écoute la radio et par­fois on l’en­tend est un exer­cice de style, un petit jeu d’é­coutes gigognes qui essaie de sai­sir ce moment où une ren­contre peut avoir lieu.

Rascasse le vieux marin

La vie a chan­gé dans le petit port de pêche depuis que Rascasse a décou­vert une étrange bou­teille en plas­tique sur la plage. Il décide de s’en sépa­rer en pre­nant le large mais la mer le sur­prend et lui donne une mission…Ensemble, ils embarquent pour un monde oni­rique empreint de conscience éco­lo­gique.

Interview sur Radio Evasion

Coupe Cup keeper [kezaco] ?

« J’ai décou­vert la coupe en 2010 et ça a chan­gé ma vie lit­té­ra­le­ment (…) j’ai les muqueuses exces­si­ve­ment fra­giles, et les tam­pons avaient ten­dance à me don­ner une démarche de John Wayne pen­dant une semaine après.(…) mes muqueuses remer­cient la coupe ! (Mlle Catherine rit) » Qu’est-ce que la «coupe mens­truelle», cet objet inso­lite et génial inven­té dès les années 1930 aux États-Unis et qui prend peu à peu sa place dans le monde des femmes euro­péennes ? Voici son his­toire, les récits de celles qui l’ont expé­ri­men­té, celles qui veulent lui don­ner sa place dans notre socié­té. Confidentiel et cepen­dant révo­lu­tion­naire, j’ai eu envie de par­ta­ger la connais­sance de cet objet, et aller à la recherche de ce tout ce qui se cache der­rière cet objet, au pre­mier regard, incon­gru.

Le tigre de papier

Dans les débats liés à la dis­cri­mi­na­tion, aux chan­ge­ments de socié­té, aux vio­lences poli­cières, à l’islam, au voile, ou encore à l’histoire colo­niale belge, à la Place Lumumba, aux sta­tues et noms de rue de Bruxelles, cer­taines pen­sées sont res­tées inau­dibles un temps.

Grandis dans la capi­tale, actifs au sein des sphères scien­ti­fiques, éco­no­miques, cultu­relles et socio-poli­tiques belges, 12 inter­ve­nants m’ont consa­cré ce temps. Le che­mi­ne­ment cho­ral, tis­sé à par­tir de leurs réponses, évoque la rela­tion à l’histoire, aux fis­sures, et au sens que l’on se donne.

Entre appa­ri­tions, aspi­ra­tions, oublis, il existe une réso­nance de quelque chose qui a tin­té dés le départ. Mais que l’on n’a pas enten­du. Qui entoure un débat avant même qu’il ne com­mence. Ce pre­mier opus par­tage la sor­tie de cette étape trop étroite.
Le second évo­que­ra les réfé­rences et les évé­ne­ments, les actions menées dans le cadre de l’émancipation, du tra­vail et des pro­jets qui ont émer­gés au fil de cette réso­nance.

Gnawas, jour et nuit

Illustration: Margaux Nessi

Dans un ter­ri­toire bruxel­lois fer­tile à la créa­tion, à la dif­fu­sion cultu­relle et dans le contexte actuel trou­blé, une par­tie de la com­mu­nau­té maro­caine de Belgique per­pé­tue une branche cap­ti­vante de son héri­tage, la musique gna­wa, une musique spi­ri­tuelle, de transe, intro­duite dans le monde arabe par les esclaves noirs.
Aujourd’hui, ses membres résistent à leur manière en trans­met­tant loca­le­ment l’es­thé­tique envoû­tante d’une musique por­tée par les chants et les sono­ri­tés cap­ti­vantes des ins­tru­ments qui lui sont propres (le guem­bri, le tbel et les qrâ­qeb).

La Sardine et le Loup de mer

la sardine et loup de mer-1

Naguère, au ver­so des cartes de navi­ga­tion, on trou­vait le récit d’une aven­ture mari­time exem­plaire pour par­faire l’é­du­ca­tion des jeunes marins. En 2014, j’enfile un ciré jaune et embarque à bord du voi­lier d’un vieux loup de mer pour tra­ver­ser la Manche. S’engage une conver­sa­tion autour d’un savoir-faire, d’une pra­tique: il paraît que la meilleure façon d’ap­prendre la navi­ga­tion, c’est de prendre la mer.