Archives de la catégorie : Santé et Bien-être

Coupe Cup keeper [kezaco] ?

« J’ai décou­vert la coupe en 2010 et ça a chan­gé ma vie lit­té­ra­le­ment (…) j’ai les muqueuses exces­si­ve­ment fra­giles, et les tam­pons avaient ten­dance à me don­ner une démarche de John Wayne pen­dant une semaine après.(…) mes muqueuses remer­cient la coupe ! (Mlle Catherine rit) » Qu’est-ce que la «coupe mens­truelle», cet objet inso­lite et génial inven­té dès les années 1930 aux États-Unis et qui prend peu à peu sa place dans le monde des femmes euro­péennes ? Voici son his­toire, les récits de celles qui l’ont expé­ri­men­té, celles qui veulent lui don­ner sa place dans notre socié­té. Confidentiel et cepen­dant révo­lu­tion­naire, j’ai eu envie de par­ta­ger la connais­sance de cet objet, et aller à la recherche de ce tout ce qui se cache der­rière cet objet, au pre­mier regard, incongru.

La première fois que je suis devenu fou(le)

«Je péné­trais dans un champs de conscience qui m’était jusqu’alors inter­dit ou caché et je n’y recon­nais­sais rien. J’ai eu l’impression ver­ti­gi­neuse d’accéder à un nou­vel étage de mon être. Je ne savais pas si j’étais mort ou si je venais de naître. Tout y était inouï et incer­tain. Je ne pou­vais plus inter­pré­ter ce que je res­sen­tais. J’avais un nou­vel uni­vers à déchif­frer dont chaque signe était un miroir de ma perplexité.
Je me suis dit, ou plu­tôt cela s’est dit à tra­vers moi :
Ma folie est le der­nier rem­part entre moi et une liber­té totale.
Qui céde­ra le pre­mier ? Le rem­part ? Moi ? Ou la Liberté ?»

Une vie partagée

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Augusta était api­cul­trice et avait un secret. Au prin­temps, lorsqu’un essaim sor­tait de la ruche, elle venait silen­cieu­se­ment s’assoir à proxi­mi­té et dépo­sait un panier devant elle. Après un temps plus ou moins long, l’essaim pre­nait son envol et les abeilles, par mil­liers, entraient dans son panier. A pré­sent dis­pa­rue, per­sonne ne sait com­ment elle procédait.

« Une vie par­ta­gée », chro­nique de cette période d’essaimage, nous fait entendre la voix d’hommes et de femmes qui, par la qua­li­té de la rela­tion qu’ils ont tis­sée avec leurs abeilles, nous amènent à nous inter­ro­ger sur notre rela­tion au monde ani­mal et à l’environnement, sur la science et, fina­le­ment, sur notre humanité.

Les mots de ma mère

Aujourd’hui, ma mère a ten­té de payer le bura­liste du vil­lage avec des billets de Monopoly, elle pen­sait qu’il ne ferait pas la dif­fé­rence. Elle est atteinte d’une mala­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive appe­lée Démence Sémantique : une pomme, une chaise, une fleur sont des mots qu’elle ne connaît plus. Ma mère n’aura jamais conscience de sa mala­die. Elle trouve qu’elle va très bien.

En écoute sur Tënk, la pla­te­forme du ciné­ma docu­men­taire, du 12/10 au 12/12/2018.

article dans Télérama: http://www.acsr.be/wp-content/uploads/LMM_telerama.pdf
article dans Bela: http://blog.bela.be/elle-a-fait-un-bebe-radio-du-cinema-toute-seule-ou-presque/
article dans Syntone : http://syntone.fr/les-mots-de-ma-mere-chro­nique-dune-dis­pa­ri­tion-enre­gis­tree/
article dans En Marche : https://www.enmarche.be/cultu­re/­me­dias/­crea­tion-radio­pho­nique-les-mots-de-ma-mere.htm

Derrière les yeux

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J’ai tou­jours connu ma grand-mère, Eugénie, comme quelqu’un d’authentique, une conteuse, une bonne vivante, ani­mée d’un esprit posi­tif. Lors de nos ren­contres, nous échan­geons sur sa vie et plus par­ti­cu­liè­re­ment sur la vie rurale dans les Ardennes. Elle me raconte sur le ton de l’humour com­ment à l’âge de 38 ans elle a per­du pro­gres­si­ve­ment la vue. N’étant pas née à cette époque, j’a­vais envie d’en savoir davan­tage. Je découvre ain­si com­ment elle a fait face à cette perte. Et je me rends compte à quel point son quo­ti­dien est orga­ni­sé en fonc­tion de sa céci­té: comp­ter les marches, se repé­rer à la lumière…

Des cd’s séri­gra­phiés en édi­tion limi­tée et au prix de 6euros peuvent être com­man­dés à atelier[at]acsr.be.

J’ai tant de choses à dire

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Noémie a trois mois. Elle est toute petite dans son corps de bébé. Elle gazouille, elle rit, elle pleure, elle découvre de son regard vierge le monde. Ses parents, Frédéric et Hélène, accèdent à sa vie inté­rieure via une tech­nique, appe­lée com­mu­ni­ca­tion connec­tée. Un code binaire cor­po­rel de oui et de non, et un panel de ques­tions fer­mées, leur per­mettent d’at­teindre ce qu’elle cherche à leur dire.
Noémie échange aus­si avec sa mar­raine Charlotte, sur un autre mode de com­mu­ni­ca­tion, dit intui­tif, qui passe par le res­sen­ti et les sensations.

Quelle conscience du monde nous donne-t-elle à entendre du haut de ses quelques mois ? Comment ses parents et sa mar­raine vivent le quo­ti­dien avec ces nou­veaux modes de com­mu­ni­ca­tion ? Quelle est cette part pro­fonde de l’être humain qui rend pos­sible un tel dialogue ?

Tendez l’o­reille, et lais­sez ce bébé vous entrai­ner dans des dimen­sions sen­sibles, sub­tiles et surprenantes..

Folie blanche

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« Le fou, c’est un des­truc­teur de consensus ! »

Il y a 13 ans, Joris a été diag­nos­ti­qué schi­zo­phrène. Avec luci­di­té et humour, il raconte sa propre expé­rience de la folie. Au récit de Joris répondent les pré­ci­sions d’un psy­chiatre, mais les dis­cours ne s’op­posent pas : « Si vous n’êtes pas indif­fé­rent à 90 % de vos pen­sées, vous n’a­vez plus de liberté ».

Des pro­pos sti­mu­lants qui se tissent avec des extraits de films, un échange avec la réa­li­sa­trice, une mise en son du délire : le docu­men­taire mul­ti­plie les formes pour une ren­contre sin­gu­lière avec la folie.

Aux douches

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«Bruxelles, pis­cine des Marolles. À l’écart des plon­geoirs, des bas­sins et de l’odeur du chlore, au bout d’un long cou­loir, se trouve un espace mécon­nu, celui des bains-douches. Dans l’intimité d’une cabine métal­lique, les 20 minutes d’eau chaude sont pré­cieuses. Sous le tumulte de l’eau, le temps s’étire, le monde se dis­sout. La parole se libère. L’eau agit comme un révé­la­teur, fait remon­ter à la sur­face des sou­ve­nirs anciens. Il y a l’intérieur et le dehors. Avant et après. Les éclats de voix de Viviane, Alfred, Eric, Leo et Marc animent ce lieu, le font résonner.»201