Je parle toutes les langues, mais en arabe

Une enquête aux som­mets du Haut-Atlas. On y entend la mémoire des mots, les traces de la vio­lence colo­niale, l’histoire des lettres et du cos­mos. Aux entre­tiens menés auprès de « pratiquant·es » de la parole se répondent pay­sages sonores et musiques.

Synopsis

En 2018, j’ai eu l’opportunité de séjour­ner dans la région de Marrakech Safi, à l’invitation des Halles de Schaerbeek. Je devais y conduire une rési­dence de créa­tion sur la notion de « sacré ».

Or, comme sou­vent, et bien heu­reu­se­ment, j’ai déri­vé. Et de ce voyage ont sur­gi plu­sieurs conver­sa­tions auprès de dif­fé­rents « pratiquant·s » de la voix et de la parole : avec la poé­tesse et spé­cia­liste du sou­fisme Touria Ikbal, une jeune chan­teuse et un étu­diant muez­zin, le conteur et péda­gogue Aziz Bouyabrine et plus par­ti­cu­liè­re­ment dans un dia­logue riche et constant avec l’artiste et tra­duc­teur Noureddine Ezarraf.

Ces ren­contres m’ont mené des som­mets du Haut-Atlas à la cavi­té d’une bouche, le long d’un sillon vocal qui mène du chant à la langue. Et dans les reliefs de ce sillon sont appa­rus, en creux, la mémoire des mots, les traces de la vio­lence colo­niale, un remède chan­té, l’histoire des lettres et du cosmos.

La concep­tion de cette pièce m’a beau­coup inter­ro­gé. Notamment sur l’usage du fran­çais, ou encore sur ma jus­tesse et légi­ti­mi­té à tenir un micro dans un contexte cultu­rel dont j’étais très igno­rante. Pourtant, c’est bien ce trouble, cet incon­fort et ces déri­va­tions qui font qu’elle demeure pré­cieuse à mes oreilles.

Réalisation, prise de son et montage : Myriam Pruvot Musique Originale : Monolithe Noir & Myriam Pruvot Musique additionnelle : Khalid Badaoui et Lahssen Bouaziz Chant : Soulaima Laabili et Myriam Pruvot Traduction : Noureddine Ezarraf Mixage : Christophe Rault Photo et illustration : Martial Prévert et Myriam Pruvot Avec les voix de : Abdelaziz Bouyabrine, Salim Djaféri, Noureddine Ezarraf, Touria Ikbal, Soulaima Laabili et Taha Tourani et Myriam Pruvot Remerciements à la Fondation Dar Bellarj et à toute l’équipe de l’acsr.

Production : Autoproduction

Licence : Libre