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La première fois que je suis devenu fou(le)

«Je péné­trais dans un champs de conscience qui m’était jusqu’alors inter­dit ou caché et je n’y recon­nais­sais rien. J’ai eu l’impression ver­ti­gi­neuse d’accéder à un nou­vel étage de mon être. Je ne savais pas si j’étais mort ou si je venais de naître. Tout y était inouï et incer­tain. Je ne pou­vais plus inter­pré­ter ce que je res­sen­tais. J’avais un nou­vel uni­vers à déchif­frer dont chaque signe était un miroir de ma perplexité.
Je me suis dit, ou plu­tôt cela s’est dit à tra­vers moi :
Ma folie est le der­nier rem­part entre moi et une liber­té totale.
Qui céde­ra le pre­mier ? Le rem­part ? Moi ? Ou la Liberté ?»

Des cailloux dans les poches

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Je prends mon temps, je n’é­coute même plus quand tu me dis que tu en as assez de m’at­tendre, je m’en veux déjà à l’i­dée de cou­per ta voix au mon­tage, et j’en­re­gistre encore la musique d’une camion­nette, un mar­chand de glaces ou peut-être de fruits, je suis trop loin pour voir. Tu montes avec lui et tu t’en vas.

Et tout se tut — Und alles schwieg

Quatre voix d’hommes et femmes par­courent en alle­mand et en fran­çais les Sonnets à Orphée de Rainer Maria Rilke. Les voix, mur­mu­rées et voca­li­sées, enche­vêtrent les langues et se déploient comme une matière sonore.
Mots, timbres, expres­sion, scan­sion, sus­pen­sions, sou­pirs, rires… nous parlent de l’in­té­rieur de l’être, celui ani­mé de souffle et sou­mis simul­ta­né­ment à la gra­vi­té ter­restre et à l’at­trac­tion des astres.

Aux douches

Aux douches carre

«Bruxelles, pis­cine des Marolles. À l’écart des plon­geoirs, des bas­sins et de l’odeur du chlore, au bout d’un long cou­loir, se trouve un espace mécon­nu, celui des bains-douches. Dans l’intimité d’une cabine métal­lique, les 20 minutes d’eau chaude sont pré­cieuses. Sous le tumulte de l’eau, le temps s’étire, le monde se dis­sout. La parole se libère. L’eau agit comme un révé­la­teur, fait remon­ter à la sur­face des sou­ve­nirs anciens. Il y a l’intérieur et le dehors. Avant et après. Les éclats de voix de Viviane, Alfred, Eric, Leo et Marc animent ce lieu, le font résonner.»201

HO

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HO où j’ai pas­sé quelques semaines à mar­cher, et à mar­cher, en Islande, la terre y éjecte sa matière, et sa matière est de l’eau, et sa matière est de l’air, et sa matière est du feu et de la terre. Les plaques (tec­to­niques) croissent et on croise une mul­ti­tude de petits gey­sers, des fume­rolles pro­ve­nant des entrailles de la terre. HO est à la fois un docu­men­taire ani­ma­lier sur la dis­pa­ri­tion des dino­saures islan­dais, un docu-fic­tion d’expédition vol­ca­nique, une fic­tion sur l’histoire de l’univers et l’apparition de la matière selon les quantas.

C’est une his­toire d’attirances, de forces, de répul­sions, d’agencements, de chocs. D’amour et de haine. Voici ce que pour­rait pro­po­ser cette abs­trac­tion. Ils sont mignons comme des petits lézards, dan­ge­reux comme un T‑rex, et pour­tant, ne sont que de l’eau et du vent. Parfois, un peu de terre, bleue. Ou rouge.

Et tout cela fait se rap­pro­cher l’auditeur de sa radio, car il pense qu’un nou­veau pul­sar inter­fère avec les fré­quences radios de son poste radio.

thomasturine.wordpress.com

VOIX#AGES

A tra­vers la ville, dans la mai­son de repos, avec nos corps… a la décou­verte des sons qui nous entourent, l’éveil des émo­tions… le feu, l’a­mour, la gare, le bruit du rouge… le mys­tère et l’inconnu, les peurs, le noir de la guerre… les sou­ve­nirs qui s’écoulent et se ren­contrent là ou la Meuse et la Sambre partent ensemble…On connaît cette chan­son… le soleil, la lumière et le réver­bère… on s’éclaire, on marche, on chante, on voyage ensemble…