Archives du mot-clé : Belgique

Merci Madame

Illustration de Dominique Goblet
Illustration de Dominique Goblet

«Madame, je vais vous confier un secret. Je vou­drais bien qu’un jour vous arri­viez à me punir pour une véri­table rai­son, que vous consi­dé­riez que je mérite sin­cè­re­ment de l’être et non par ce que c’est moi qui vous le demande. Je vous implore la pro­chaine fois de me punir véri­ta­ble­ment pour des rai­sons fon­dées et méri­tées, à vous de voir pour­quoi en réflé­chis­sant un peu, vous trou­ve­rez sûrement.»

A 39 ans, Michael, infirme moteur céré­bral, attend tou­jours que la vie passe. C’est alors qu’il ren­contre Madame et son mar­ti­net pré­fé­ré. Grâce à cette rela­tion sin­gu­lière, il entre­prend une cure sévère de remise en forme phy­sique et psy­chique, intègre un réseau social et réa­lise quelques pas — pour la pre­mière fois de sa vie — sans aide et sans béquilles. «Merci Madame», pre­mière créa­tion radio­pho­nique de Marie Lisel, nous invite à par­ta­ger ce pro­ces­sus éton­nant de nais­sance à soi.

Lien FB: www.facebook.com/MerciMadameLisel

Léon et Antoinette

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Nés au tour­nant du siècle der­nier dans un vil­lage du Condroz, Léon et Antoinette se sont mariés en 1925 et ont fon­dé une grande famille. Largement sexa­gé­naires aujourd’hui, leurs enfants replongent dans le pas­sé, esquis­sant un por­trait sen­sible qui, au-delà des anec­dotes, est aus­si celui d’un monde — avec son orga­ni­sa­tion sociale, son mode de vie, sa men­ta­lité, ses codes et tabous… Tissé d’éclats de mémoire, de confi­dences éparses et de silences ver­ti­gi­neux, ce témoi­gnage poly­pho­nique est une plon­gée dans l’intime, qui fait revivre une époque révo­lue et inter­roge les traces qu’elle a laissées.

L’heure bleue

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« Ça com­mence comme ça… »

Comment ça com­mence, au fond ? Et est-ce que ça finit ?

Viola Vertigo, Tiziana et Philippe peinent à dor­mir ou s’endormir. Ils se livrent pudi­que­ment, tout en sla­lo­mant entre idées pré­con­çues et hypo­thé­tiques solu­tions hasar­deuses, tra­çant et retra­çant leur vécu nocturne.

Que se passe-t-il quand le som­meil ne vient pas, alors que les ombres de l’insomnie se des­sinent sur nos murs et que la nuit n’en finit plus de silence ?

L’Heure Bleue est un docu­men­taire qui n’apporte aucune réponse ou expli­ca­tion à l’insomnie. Tout en sui­vant les dérives sen­sibles et déli­cates de la parole, il tente cepen­dant d’entrer dans un uni­vers intime, aus­si riche que varié. Sans pré­ten­tion et sans autre forme de trans­mis­sion que celle du témoignage.

Lire l’in­ter­view de la réa­li­sa­trice par Bela: http://blog.bela.be/?p=2139

Jacques Darras, un poète au pays des Belges

darras_cddJacques Darras est un poète fran­çais qui écrit sur la Belgique. Il est amou­reux de cette région du Nord, de ce fleuve euro­péen, l’Escaut, de Schelde, qui tra­verse les frontières.

Inspirée libre­ment de son livre « La recon­quête du tom­beau d’Émile Verhaeren »,

une navi­ga­tion se des­sine vers St-Amands, où repose dans son tom­beau le poète emblé­ma­tique, Émile Verhaeren. Auteur fla­mand écri­vant en fran­çais, il est à la fois poète du ter­roir et de l’Europe.

Par la voix de Jacques Darras, tel un pas­seur d’eau, Mélanie Godin et Vincent Matyn-Wallecan ont com­po­sé un essai radio­pho­nique où la poé­sie parle politique.

À tra­vers la parole de poètes des deux côtés de la fron­tière lin­guis­tique se révèle la com­plexi­té de la Belgique, labo­ra­toire d’une Europe tou­jours en construction.

Enfin, c’est aus­si et sur­tout, un poème radio­pho­nique. Une créa­tion lit­té­raire sonore. Un poème tout court.

Cette pièce radio­pho­nique est libre­ment ins­pi­rée du recueil de Jacques Darras, «La recon­quête du tom­beau d’Émile Verhaeren», paru aux édi­tions Le Cri.

Phonobiographie #1

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C’était un jour d’hi­ver, à Madrid. J’ai pris l’express ‹Puerta del Sol› vers Bruxelles. A cette époque, Hendaya était le ter­mi­nus de nos trains. Les rails espa­gnols et fran­çais n’a­vaient pas le même écar­te­ment. Chez nous, les voies étaient plus étroites, petite mesure de défense prise par le gou­ver­ne­ment de Franco. On des­cen­dait du train, la valise dans une main et dans l’autre le pas­se­port bien ser­ré. Au milieu de la nuit, on tra­ver­sait cet espace à ciel ouvert, clô­tu­ré par des fils de métal ; cou­loir étroit et silen­cieux, inquié­tant, ‘tier­ra de nadie’. De l’autre côté, vingt-six ans d’une autre vie m’at­ten­daient et, je crois que je le devine déjà. Ce jour-là, je n’a­vais que vingt-six ans. Avant ce jour-là, il y a eu d’ autres jours, des mil­liers des jours que j’en­tends encore…

«La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se sou­vient et com­ment on s’en sou­vient» — Gabriel Garcia Marquez.

Sonneur de pierre

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En sui­vant Tony Di Napoli dans son ate­lier, nous par­tons à la ren­contre d’un homme qui a consa­cré sa vie à l’art de faire son­ner les pierres. Des car­rières de la Meuse à la salle de concert en pas­sant par les pierres pré­his­to­riques du Vietnam, Tony Di Napoli nous ini­tie à la tech­nique de l’ac­cor­dage et nous fait écou­ter, pierre par pierre, la richesse sonore d’un monde miné­ral, qui n’est inerte que pour celui qui ne sait pas l’en­tendre. Au tra­vers d’une com­po­si­tion ori­gi­nale construite comme un par­cours sonore de la roche brute à la pierre taillée, nous entrons dans l’u­ni­vers poé­tique d’un musi­cien hors-pair, qui nous fait entendre l’é­cho des pierres que les pre­miers hommes ont fait sonner.

Chinoiserie

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« Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visi­ter avec une vieille amie. Pays sin­gu­lier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pour­rait appe­ler l’Orient de l’Occident, le Chine de l’Europe, tant la chaude et capri­cieuse fan­tai­sie s’y est don­né carrière…»

Baudelaire, L’invitation au voyage, 1864.

En savoir plus sur le pro­jet «de chine» :
dechine.makaz.net
residence.lettrevolee.com/spip.php?rubrique17

VOIX#AGES

A tra­vers la ville, dans la mai­son de repos, avec nos corps… a la décou­verte des sons qui nous entourent, l’éveil des émo­tions… le feu, l’a­mour, la gare, le bruit du rouge… le mys­tère et l’inconnu, les peurs, le noir de la guerre… les sou­ve­nirs qui s’écoulent et se ren­contrent là ou la Meuse et la Sambre partent ensemble…On connaît cette chan­son… le soleil, la lumière et le réver­bère… on s’éclaire, on marche, on chante, on voyage ensemble…

Le travail à tous les étages

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En Septembre 2010, Noémie Carcaud et Fabienne Laumonier prennent rési­dence au sein de l’en­tre­prise de désa­mian­tage SBMI, près de Mons. Pendant leur séjour, elles éta­blissent un ques­tion­naire sur le tra­vail auquel elles sou­mettent les dif­fé­rents sala­riés de l’en­tre­prise. Ouvriers, patrons, secré­taires, comp­tables, com­mer­ciaux, chefs de chan­tier, répondent, en leur nom, aux mêmes ques­tions. » Le tra­vail à tous les étages» est une poly­pho­nie de réponses, un audit sonore autour du travail!

Le prix de l’exil

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Rabia vient du Maroc, de Oujda, une ville à l’économie lami­née et où les regards ne se tournent plus que vers « El Kharij », l’extérieur, comme disent cer­tains pour dési­gner l’Europe. Rêvant de chan­ger sa des­ti­née et celle de sa famille, Rabia a déci­dé de rejoindre cette Belgique incon­nue, fan­tas­mée et riche en pro­messes de len­de­mains meilleurs. Elle ne connaît pas encore le prix de l’exil…

« Nous sommes tous appe­lés à par­tir de chez nous, nous enten­dons tous l’appel du large (…), le besoin de quit­ter la terre natale, parce que sou­vent elle n’est pas assez riche, assez aimante, assez géné­reuse pour nous gar­der auprès d’elle. »

Tahar Ben Jelloun