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Naufrage en pleine terre

C’est L’Histoire … d’un héri­tage,
Une sorte de conte désen­chanté, trans­mis de mère en fille,
Un tas en vrac dans lequel se noue le récit d’une famille ;

L’Histoire d’un trop plein,
Un empa­que­tage sans fin d’objets que l’on porte, que l’on pousse, que l’on tire,
De caisses en car­ton où, entre les bibe­lots, s’agglutinent fan­tômes et sou­ve­nirs.

L’Histoire aus­si d’un vide,
Qui, brassé par les vagues de la mémoire, refait sur­face,
Et per­met d’apprivoiser le chaos et rega­gner de l’espace ;

C’est l’Histoire d’une tra­gé­die du quo­ti­dien,
Celle d’un pay­sage où l’on se noie, les deux pieds ancrés dans la matière,
Il était une fois …
« Naufrage en pleine terre »

Yassas

« Argo » c’est le nom d’une uni­té mobile médi­cale qui fait le tour du nord de l’île d’Eubée en Grèce pour don­ner des soins à des per­sonnes iso­lées phy­si­que­ment et finan­ciè­re­ment. Envoyée par le CHU Saint-Pierre depuis 2017, elle tente de pal­lier les manques, mais que faire quand les besoins sont immenses ?

Être, venir, aller

Bruxelles, canal de la Senne.

Mazina, Marnélice, Rahman et Ghasem, quatre adolescent.e.s, patientent der­rière les murs d’une ancienne caserne mili­taire, leur Petit Château.
Nés ailleurs, ils attendent de savoir si leur ave­nir se des­sine en Belgique ou hors de ses fron­tières.
C’est le temps de leurs 18 ans.
Dans ce lieu de tran­sit qui les accueille alors qu’on décide de leur sta­tut, ils cherchent leurs mots
pour se racon­ter.

En Belgique, les mineur.e.s étranger.e.s non accompagné.e.s qui se déclarent aux auto­ri­tés sont accueilli.e.s sur le ter­ri­toire de façon incon­di­tion­nelle jusqu’à leur majo­ri­té.
Être, venir, aller raconte le par­cours de ces jeunes gens au moment char­nière où ils quittent
l’enfance légale et perdent les pro­tec­tions qui y sont liées. Il pro­pose à l’auditeur une réflexion qui se
veut sen­sible autour des notions de véri­té, d’errance, d’arbitraire.

A écou­ter sur Radio Panik 105.4FM, l’é­mis­sion Radio Passe-Partout réa­li­sée par les jeunes du Petit Chateau et Caroline Berliner

A lire, une inter­view sur le maga­zine du PointCulture

Sélectionnée pour concou­rir au Phonurgia Awards 2019, la pièce a été bien reçue:

Alessandro Bosetti: «Un inves­tis­se­ment émo­tion­nel très très fort, … un mon­tage très savant. J’admire beau­coup.»

Juliette Volcler: «Très fin, très sub­til, la réa­li­sa­trice joue extra­or­di­nai­re­ment bien sur les silences des per­son­nages.»

Anne Gillot: «Une oreille incroyable», «un dépla­ce­ment génial de la radio dans la radio.»

François Nida: «Mets les pieds dans le plat en nom­mant une cer­taine poli­tique menée en Belgique et ailleurs.»

Version 133

Et si d’autres mondes étaient pos­sibles ? Et si les Cités de la Grèce antique (Athènes, Argos, Thèbes…) avaient colo­ni­sé des conti­nents et étaient deve­nues de véri­tables civi­li­sa­tions modernes ? Et si les super-héros avaient réel­le­ment exis­té ? Et si un « jour­na­liste-prêtre » aux étranges pou­voirs était envoyé par son Dieu dans ce monde pour y mener une enquête ?
Une uchro­nie libre­ment adap­tée de la tra­gé­die d’Euripide Les Héraclides – mais sur­tout une féroce satyre poli­tique et sociale de notre temps.

Le ventre de Paul

Une enquête pour retrou­ver des sou­ve­nirs d’une gueule cas­sée dans les Vosges : Paul Marulaz, mon arrière⁻grand père. Accompagné par Marion Fabien et le jour­nal de guerre de Paul, c’est une plon­gée dans les mémoires, à la fron­tière du sou­ve­nir. Quels sont les restes de cette drôle de guerre ? Comment peut-on retrou­ver une famille après tant de bles­sures ?

Amikejo

Il existe en Belgique tout au bord de la fron­tière un petit coin où l’on parle alle­mand, où les forêts sont pro­fondes, et où, dans la petite ville de St Vith, 9 661 habi­tants, un groupe d’hu­mains, une bande de théâtre, se lève régu­liè­re­ment pour dire, en alle­mand : Das ist’s was wir sagen wol­len !*
Pour la plus grande joie des spec­ta­teurs, et par­fois, aus­si, pour leur colère bien trem­pée…
Amikejo c’est le por­trait de ces fous de théâtre et de leur région si par­ti­cu­lière.
C’est aus­si, en fili­granes, une invi­ta­tion à réflé­chir sur les uto­pies col­lec­tives et l’u­to­pie euro­péenne du vivre ensemble, qui semblent aujourd’­hui bien mises à mal, et où le retour des fron­tières et les ques­tions iden­ti­taires n’an­noncent rien qui vaille…

* Voilà ce que nous vou­lons vous dire!

Rascasse le vieux marin

La vie a chan­gé dans le petit port de pêche depuis que Rascasse a décou­vert une étrange bou­teille en plas­tique sur la plage. Il décide de s’en sépa­rer en pre­nant le large mais la mer le sur­prend et lui donne une mission…Ensemble, ils embarquent pour un monde oni­rique empreint de conscience éco­lo­gique.

Interview sur Radio Evasion

L’univers danse le Semah

« L’Univers danse le semah » est un témoi­gnage d’exil. Celui d’une mino­ri­té hété­ro­doxe long­temps per­sé­cu­tée par l’Etat turc, les alé­vis, dont les pra­tiques rituelles sont émi­nem­ment basées sur la musique, la danse et la poé­sie. En quête d’une recon­nais­sance au-delà de l’islam, une par­tie de la com­mu­nau­té des alé­vis de Belgique tente aujourd’hui de pré­ser­ver et redé­cou­vrir ces tra­di­tions musi­cales. Ces formes de résis­tances cultu­relles sont une occa­sion d’explorer de nou­veaux ter­ri­toires poli­tiques et sonores où se réin­vente une parole long­temps bri­mée.

El Gat

Photo de Aylen Torres

Photo de Aylen Torres

El Gat est aux aguets, il observe atten­tif et amu­sé la vie qui passe sur la Rambla del Raval. À tra­vers l’é­coute des pay­sages sonores du quar­tier et de la parole don­nées aux habi­tants et pas­sants, l’é­nig­ma­tique Gat va révé­ler ses vies pas­sées.

Du 12 au 24 sep­tembre 2016, l’ar­tiste sonore Chloé Despax réa­lise au cours d’une rési­dence à La Place cette pièce radio­pho­nique sur El Gat, sculp­ture monu­men­tale en bronze réa­li­sée par Botero.
L’hörspiel qui en résulte est com­po­sé d’éléments sonores hété­ro­gènes, col­lec­tés au tra­vers d’une varié­té de dis­po­si­tifs tech­niques et par­ti­ci­pa­tifs dans l’espace public. Soundscapes, poé­sies, matières sonores abs­traites, mul­ti­pli­ci­té de voix et de langues s’y entre­mêlent pour don­ner corps et vie au félin gigan­tesque.