Archives du mot-clé : Famille

Les transmissions

La série « Les trans­mis­sions » nous trans­porte dans le récit des des­cen­dants de celles et ceux qui ont com­bat­tu avec ou contre les occu­pants alle­mands durant la Seconde Guerre en Belgique. Alors que ces faits semblent appar­te­nir aux livres d’histoire, les traces de ce pas­sé sont tou­jours là pour ceux qui ont côtoyé ces hommes et ces femmes dans l’intimité. Anne, Antoine, Nathalie, sa fille Corinne et sa petite-fille Cindy nous racontent leurs sou­ve­nirs de famille, ou com­ment la grande Histoire se tra­duit au quo­ti­dien à tra­vers les générations.

Frères

Rémi et David, frères jumeaux, sont nés avec un handicap. Il y a 34 ans. Depuis, leurs parents luttent avec eux pour leur offrir un peu de liberté, d’autonomie et de vie au sein de la société.

Rémi et David sont frères jumeaux.
Ils sont nés une nuit de décembre 1984.
Rapidement, on s’est ren­du compte que quelque chose n’allait pas.
Les méde­cins ont alors posé un pre­mier diag­nos­tique : Infirme Moteur Cérébral. Leur han­di­cap sera lourd. Ils ne mar­che­ront pas et ne par­le­ront pas.
Les parents, Nadine et Michel, ne vou­laient pas croire à ce sombre pro­nos­tic. Alors ils se sont lan­cés dans une longue bataille pour faire gran­dir leurs petits.

Parcours en festivals

Septembre 2020

* Phonurgia Nova Awards — Paris — France : Mention du jury dans la catégorie « Archives de la parole ».

“ Dans ce récit, mul­ti­formes et pre­nant, de la vie de deux jumeaux nés en 1984 et identifiés comme « infirmes moteurs cérébraux », la parole est cen­trale, celle des deux frères d’abord, comme sujet (leur dif­fi­culté à par­ler), mais sur­tout comme matériau pho­nique et poétique, déclencheur d’une écoute elle-même hors norme, ralen­tie et rafraîchie, qui fait redécouvrir l’usage du langage.”

Marie-Madeleine Mervant-Roux lors de la remise des prix.

Octobre 2020

* Prix Europa — Postdam — Allemagne : Sélection dans la catégorie « Radio docu­men­ta­ry » — fina­liste du 2ème tour (top 8). Février 2021

* Longueur d’ondes — Brest — France : Sélection dans la catégorie « Grandes ondes ».

Mars 2021

* Prix Documentaire du Brussels Podcast Festival

A lire : l’ar­ticle d’Elise Racque dans Telerama, un entre­tien avec Nicolas François et Aurélia Balboni !

A voir et à écou­ter : dans Podcast + sur BX1, Jean-Jacques Deleeuw parle du pod­cast “Je vis de ma pas­sion” avec Valentine Hersmoortel, et de créa­tions sonores avec Aurelia Balboni et Nicolas François. 

Naufrage en pleine terre

C’est L’Histoire … d’un héritage,
Une sorte de conte désen­chanté, trans­mis de mère en fille,
Un tas en vrac dans lequel se noue le récit d’une famille ;

L’Histoire d’un trop plein,
Un empa­que­tage sans fin d’objets que l’on porte, que l’on pousse, que l’on tire,
De caisses en car­ton où, entre les bibe­lots, s’agglutinent fan­tômes et souvenirs.

L’Histoire aus­si d’un vide,
Qui, brassé par les vagues de la mémoire, refait surface,
Et per­met d’apprivoiser le chaos et rega­gner de l’espace ;

C’est l’Histoire d’une tra­gé­die du quotidien,
Celle d’un pay­sage où l’on se noie, les deux pieds ancrés dans la matière,
Il était une fois …
« Naufrage en pleine terre »

Choisir et après

En 2010, un an après la nais­sance de mon deuxième enfant, je me suis fait vasec­to­mi­ser. Comme mon frère avant moi et notre père avant nous, mais sans concer­ta­tion. Une coïn­ci­dence. Et un sujet de conver­sa­tion comme un autre, si bien qu’à défaut de faire des petits, j’ai fait un émule. Dans ses pas, j’ai retrou­vé des ques­tions, j’en ai décou­vert d’autres, autour d’un choix de vie posé un jour en toute bonne foi, mais pas en toute connais­sance de cause.

Moi, raciste?

ah ça vous vous inté­res­sez au quar­tier, au mul­ti­cul­tu­rel? Et bien moi je vais vous dire mon­sieur Liévin, le racisme, je l’ai vu naître. C’était en 1973, avec le choc pétro­lier. J’avais 16 ans je crois” — Abdel, 62 ans

Abdel est l’encadrant des appren­tis qui rénovent ma mai­son; Il récite son his­toire popu­laire du quar­tier, et me guide dans l’enfance et l’origine sociale de mon père. Puis sur­vient une époque dont Bruxelles pour­rait rou­gir, un épi­sode long de plus de 15 ans de vul­ga­ri­té poli­tique. Si “l’époque Nols” encap­sule les années de son long mayo­rat et limitent à un homme l’immoralité du dis­cours sur les étran­gers, la mémoire Abdel nous montre le temps conti­nu où les maro­cains de Belgique ont vécu la dis­cri­mi­na­tion, de façon bien plus salis­sante et impré­gnante qu’on ne pense le savoir aujourd’hui.

“je m’en sou­viens. Ma mère ne vou­lait pas que je joue avec mes copines maro­caines. “Ils ont des poux, ces gens-là, qu’elle disait. Je ne com­pre­nais pas” — Dominique, 58 ans

C’est en ce temps que je suis né, et heu­reu­se­ment les luttes anti­ra­cistes ont mora­li­sé cette poli­tique assu­mée d’un racisme ciblé qui per­dure jusqu’aujourd’hui. Le doc se veut un chan­tier mémo­riel qu’il nous reste à enta­mer pour réus­sir “le vivre ensemble”, cette quête bruxel­loise sans fin, dans notre Babel bra­ban­çonne qui rayonne désor­mais de son hyper-diversité.

Le ventre de Paul

Une enquête pour retrou­ver des sou­ve­nirs d’une gueule cas­sée dans les Vosges : Paul Marulaz, mon arrière⁻grand père. Accompagné par Marion Fabien et le jour­nal de guerre de Paul, c’est une plon­gée dans les mémoires, à la fron­tière du sou­ve­nir. Quels sont les restes de cette drôle de guerre ? Comment peut-on retrou­ver une famille après tant de blessures ? 

Qualia

Cinq femmes artistes pro­ve­nant de dif­fé­rentes cultures mettent en paroles une expé­rience phy­sique forte, mar­quante à vie. L’une d’entre elles ne dit pas la véri­té. Du lan­gage cor­po­rel et du lan­gage par­lé. De la richesse du bilin­guisme. De la com­plexi­té des tra­duc­tions. De l’u­sage du sens, du son et des sens.
Qualia ques­tionne l’utilisation du son dans le sto­ry­tel­ling, sa capa­ci­té à tou­cher le sub­cons­cient, sa puis­sance à pro­vo­quer des réac­tions phy­siques et des images men­tales. Vous voyez ce que je veux dire?

Femmes de Gilles

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A Binche, les femmes ne peuvent pas être Gilles. Pourtant, on dit qu’un homme n’est rien sans sa femme. Dans les cou­lisses du Carnaval, quatre femmes d’une même famille, quatre géné­ra­tions dif­fé­rentes, racontent leur façon de vivre cet évé­ne­ment unique dans le folk­lore belge, depuis les pré­pa­ra­tifs jusqu’au grand ras­sem­ble­ment. Autrefois, si la place des femmes au sein du Carnaval était une repro­duc­tion du rôle social de la femme dans la socié­té, aujourd’hui, il semble qu’on assiste davan­tage à un jeu de rôles accep­té tant par les hommes que par les femmes. Il s’agit plus de re-vivre à l’infini les sou­ve­nirs du temps pas­sé d’une manière col­lec­tive, et de conso­li­der les liens sociaux et fami­liaux des habi­tants à l’intérieur de la cité fortifiée.

Article paru dans Syntone: http://syntone.fr/au-carnaval-de-binche-des-femmes-face-aux-masques/

Les mots de ma mère

Aujourd’hui, ma mère a ten­té de payer le bura­liste du vil­lage avec des billets de Monopoly, elle pen­sait qu’il ne ferait pas la dif­fé­rence. Elle est atteinte d’une mala­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive appe­lée Démence Sémantique : une pomme, une chaise, une fleur sont des mots qu’elle ne connaît plus. Ma mère n’aura jamais conscience de sa mala­die. Elle trouve qu’elle va très bien.

En écoute sur Tënk, la pla­te­forme du ciné­ma docu­men­taire, du 12/10 au 12/12/2018.

article dans Télérama: http://www.acsr.be/wp-content/uploads/LMM_telerama.pdf
article dans Bela: http://blog.bela.be/elle-a-fait-un-bebe-radio-du-cinema-toute-seule-ou-presque/
article dans Syntone : http://syntone.fr/les-mots-de-ma-mere-chro­nique-dune-dis­pa­ri­tion-enre­gis­tree/
article dans En Marche : https://www.enmarche.be/cultu­re/­me­dias/­crea­tion-radio­pho­nique-les-mots-de-ma-mere.htm

Plaisir de lire

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Les librai­ries d’oc­ca­sion sont des lieux que j’af­fec­tionne. Elles me rap­pellent la mai­son de mon enfance, rem­plie d’é­ta­gères et de piles de livres. J’ai eu envie de par­tir à la ren­contre de libraires et de lec­teurs pour par­ta­ger avec eux, sim­ple­ment, mon amour pour le livre et la lecture.

À la mémoire de Baptiste Kada.