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À leurs corps défendant

Comme un appel à la liber­té, ce docu­men­taire met en lumière la réa­li­té meur­trière des centres fer­més et la néces­si­té d’y mettre un terme.

Synopsis

Vivre sans papiers, c’est tou­jours ris­quer d’être arrêté·e, enfermé·e, expulsé·e du ter­ri­toire où l’on cherche l’hospitalité. Trois per­sonnes dési­gnées comme « illé­gales » à un moment de leur par­cours témoignent de leur vie emmu­rée par l’Europe.

Souhail, Rabia et Mado racontent la vio­lence des poli­tiques migra­toires belges. L’un, depuis l’intérieur du centre fer­mé, évoque les vio­lences phy­siques et psy­cho­lo­giques. L’autre, depuis l’extérieur, relate l’angoisse du risque quo­ti­dien de l’arrestation. Et la der­nière, suite à sa « libé­ra­tion », raconte la peur, la colère et l’espoir.

Frères

Rémi et David, frères jumeaux, sont nés avec un handicap. Il y a 34 ans. Depuis, leurs parents luttent avec eux pour leur offrir un peu de liberté, d’autonomie et de vie au sein de la société.

Rémi et David sont frères jumeaux.
Ils sont nés une nuit de décembre 1984.
Rapidement, on s’est ren­du compte que quelque chose n’allait pas.
Les méde­cins ont alors posé un pre­mier diag­nos­tique : Infirme Moteur Cérébral. Leur han­di­cap sera lourd. Ils ne mar­che­ront pas et ne par­le­ront pas.
Les parents, Nadine et Michel, ne vou­laient pas croire à ce sombre pro­nos­tic. Alors ils se sont lan­cés dans une longue bataille pour faire gran­dir leurs petits.

Parcours en festivals

Septembre 2020

* Phonurgia Nova Awards — Paris — France : Mention du jury dans la catégorie « Archives de la parole ».

“ Dans ce récit, mul­ti­formes et pre­nant, de la vie de deux jumeaux nés en 1984 et identifiés comme « infirmes moteurs cérébraux », la parole est cen­trale, celle des deux frères d’abord, comme sujet (leur dif­fi­culté à par­ler), mais sur­tout comme matériau pho­nique et poétique, déclencheur d’une écoute elle-même hors norme, ralen­tie et rafraîchie, qui fait redécouvrir l’usage du langage.”

Marie-Madeleine Mervant-Roux lors de la remise des prix.

Octobre 2020

* Prix Europa — Postdam — Allemagne : Sélection dans la catégorie « Radio docu­men­ta­ry » — fina­liste du 2ème tour (top 8). Février 2021

* Longueur d’ondes — Brest — France : Sélection dans la catégorie « Grandes ondes ».

Mars 2021

* Prix Documentaire du Brussels Podcast Festival

A lire : l’ar­ticle d’Elise Racque dans Telerama, un entre­tien avec Nicolas François et Aurélia Balboni !

A voir et à écou­ter : dans Podcast + sur BX1, Jean-Jacques Deleeuw parle du pod­cast “Je vis de ma pas­sion” avec Valentine Hersmoortel, et de créa­tions sonores avec Aurelia Balboni et Nicolas François. 

L’envol de l’école

L’envol de l’é­cole est le car­net de bord sonore d’une démarche à l’am­bi­tion folle : réin­ven­ter l’école.

Imaginez une école qui affi­che­rait en grande lettres sur sa façade la phrase “Apprendre pour être libre”; une école qui repen­se­rait entiè­re­ment l’organisation tra­di­tion­nelle des cours pour leur don­ner plus de sens et trans­mettre aux élèves le désir d’apprendre;
une école où les déci­sions seraient prises col­lé­gia­le­ment par les élèves et les profs,
une école dont l’objectif serait d’inclure tout le monde, et plus par­ti­cu­liè­re­ment les élèves plus précaires.

Pendant sept ans, Le pro­jet de cette école a été rêvé, pen­sé, ima­gi­né par un groupe de pas­sion­nés de péda­go­gie, “les péda­go­nautes”. Avec la Commune de Saint-Gilles, ils ont fait de ce rêve une réalité.

Le 1er sep­tembre 2017, cette école a pris son envol sous le nom de “Lycée Intégral Roger Lallemand”

Durant 6 épi­sodes de 25 minutes, le docu­men­taire plonge l’au­di­teur dans le réel des profs et des élèves et s’at­tache, au tra­vers de quelques per­son­nages à racon­ter la confron­ta­tion de ce pro­jet uto­pique à la réa­li­té du ter­rain. Il rend compte de cette réa­li­té dans sa com­plexi­té, loin des dis­cours et des leçons de morale.

Courage, fuyons!

Les Marolles, quar­tier popu­laire situé au cœur de Bruxelles.
Dans le dédale des ruelles, sur la place du mar­ché aux puces, dans les cui­sines inté­rieures ou dans
la cha­leur d’un café, je pose la même ques­tion aux habi­tants: «au cours de votre vie, avez-vous fui quelque chose?».
On me raconte des bribes de vie, on me recom­mande à un voi­sin, on se passe le mot. De bouche à oreilles, ma col­lecte d’his­toires brasse les mémoires, remue le pas­sé, s’a­muse des sono­ri­tés, et voi­là que la fuite prend des airs d’é­loge qu’on ne lui connais­sait pas. Une phi­lo­so­phie poli­tique de la vie se fait jour. Un cer­tain art de la fuite.

La brebis galeuse

L’asile est une rési­dence de saints. Ce sont des saints les pauvres fous, sainte la bonne sœur qui s’oc­cupe d’eux. Et le doc­teur est le plus saint de tous, c’est le chef des saints, c’est Jésus Christ.
Nicola nous raconte ses 35 ans d’ «asile élec­trique», et dans sa tête bou­le­ver­sée se heurtent réa­li­té et fan­tai­sie en pro­dui­sant d’im­pré­vi­sibles illu­mi­na­tions. Nicola est né dans les années Soixante, « les fabu­leuses années Soixante », et le monde qu’il voit à l’in­té­rieur de l’ins­ti­tut n’est fina­le­ment pas si dif­fé­rent de celui qui court là dehors – un monde où la seule chose qui semble ne pas pou­voir se consu­mer est la peur.

Article presse: Télérama 3/07/2019
Le Monde 9/02/2020

Autopoïèse

« Elle est com­ment votre dou­leur là ? Sur une échelle de 1 à 10, elle est à combien ? ».

Derrière le rideau blanc d’une salle d’opération, se dresse un décor abs­trait, celui d’un voyage qui pren­drait sa source au coeur même d’une bles­sure. C’est ain­si que dans un état semi conscient, je reçois la visite du cen­taure Chiron. II m’indique un pas­sage, un tout petit espace, une synapse, d’où pro­vient un chant bien étrange…

Partant d’un évé­ne­ment vécu et des ren­contres du réel, Autopoïèse pro­pose des chutes et des varia­tions, une des­cente vers la fic­tion, la poé­sie et la mythologie.

Retrouver sur Soundcloud, une inter­view de Anne Lepère — le 23/03/19 sur 48FM, lors de la dif­fu­sion de Autopoïèse dans l’é­mis­sion «La porte ouverte à toutes les fenêtres».

Moi, raciste?

ah ça vous vous inté­res­sez au quar­tier, au mul­ti­cul­tu­rel? Et bien moi je vais vous dire mon­sieur Liévin, le racisme, je l’ai vu naître. C’était en 1973, avec le choc pétro­lier. J’avais 16 ans je crois” — Abdel, 62 ans

Abdel est l’encadrant des appren­tis qui rénovent ma mai­son; Il récite son his­toire popu­laire du quar­tier, et me guide dans l’enfance et l’origine sociale de mon père. Puis sur­vient une époque dont Bruxelles pour­rait rou­gir, un épi­sode long de plus de 15 ans de vul­ga­ri­té poli­tique. Si “l’époque Nols” encap­sule les années de son long mayo­rat et limitent à un homme l’immoralité du dis­cours sur les étran­gers, la mémoire Abdel nous montre le temps conti­nu où les maro­cains de Belgique ont vécu la dis­cri­mi­na­tion, de façon bien plus salis­sante et impré­gnante qu’on ne pense le savoir aujourd’hui.

“je m’en sou­viens. Ma mère ne vou­lait pas que je joue avec mes copines maro­caines. “Ils ont des poux, ces gens-là, qu’elle disait. Je ne com­pre­nais pas” — Dominique, 58 ans

C’est en ce temps que je suis né, et heu­reu­se­ment les luttes anti­ra­cistes ont mora­li­sé cette poli­tique assu­mée d’un racisme ciblé qui per­dure jusqu’aujourd’hui. Le doc se veut un chan­tier mémo­riel qu’il nous reste à enta­mer pour réus­sir “le vivre ensemble”, cette quête bruxel­loise sans fin, dans notre Babel bra­ban­çonne qui rayonne désor­mais de son hyper-diversité.

On écoute la radio et parfois on l’entend

Quand écou­ter est une ten­ta­tive, entendre est un évènement.
Si le son est une forme sub­tile de tou­cher, qu’en est-il de la radio?
On écoute la radio et par­fois on l’en­tend est un exer­cice de style, un petit jeu d’é­coutes gigognes qui essaie de sai­sir ce moment où une ren­contre peut avoir lieu.

Fantasmes

Crédit: Dominique Goblet

Fantasmes est une créa­tion radio­pho­nique à ne pas à mettre entre les oreilles des per­sonnes mineures ou sen­sibles. Le dis­po­si­tif d’exploration sous hyp­nose, pro­po­sé par Marie Lisel, repousse les limites de l’imaginaire bien au-delà de ce qu’il est pos­sible ou auto­ri­sé de vivre dans le réel par­ta­gé. Ce n’est que dans une dimen­sion oni­rique que le fan­tasme, telle une caresse pour le cer­veau, sou­lage la ten­sion du désir. L’accompagné jouit alors de ses pleines poten­tia­li­tés aven­tu­reuses et émancipatrices.

Trait pour trait

Ni tota­le­ment fic­tion, ni exclu­si­ve­ment docu­men­taire, ce por­trait explore une zone de cir­cu­la­tion où modèle et por­trai­tiste se ren­contrent. Comme un jeu de cligne-musette où les rôles de celui qui compte et de celui qui se cache seraient ren­dus poreux. Enregistrées lors de cinq tom­bées de nuit consé­cu­tives dans l’in­ti­mi­té du salon, les paroles de Nadia invitent l’au­di­teur à une par­tie de colin-maillard ; yeux ban­dés et bras ten­dus, libre de devi­ner les contours d’un visage qui prend inlas­sa­ble­ment la tangente.