Archives du mot-clé : Portrait

Avec le vent

Tout d’abord, il y a le souffle, celui qui rassure…
Ensuite arrive le son, celui qui raconte…
Virginia, Aram et Vardan soufflent leurs émo­tions et de ce souffle nous par­viennent leurs his­toires. L’histoire de l’exil, des sou­ve­nirs d’Arménie, un jour où le vent s’est levé et où il a fal­lu tout quitter.

Monsieur le Directeur

Ainsi com­mencent les cour­riers adres­sés au Directeur de la radio publique belge entre 1958 et 1968. Tous les pré­textes sont bons pour prendre la plume : un audi­teur se plaint de la dif­fu­sion d’une chan­son aux paroles jugées trop osées, une jeune fille se demande com­ment deve­nir spea­ke­rine, les ouvriers d’une usine sou­hai­te­raient entendre plus d’opérettes à l’heure de leur pause déjeuner, …

Au cours de cette décen­nie, pour des rai­sons tout autant poli­tiques, socié­tales que tech­niques, la radio se méta­mor­phose. Elle se fait de moins en moins véhi­cule de la parole offi­cielle, pour se tour­ner vers une pro­gram­ma­tion diver­tis­sante adap­tée aux mœurs d’une nou­velle géné­ra­tion ; et deve­nir peu à peu le lieu de l’émancipation d’une parole récol­tée doré­na­vant sur le terrain.

À tra­vers une sélec­tion de lettres entre­la­cée à des archives de la radio d’alors, ce docu­men­taire explore les façons de faire et d’écouter la radio, et nous inter­roge sur la place qu’elle occupe aujourd’hui dans nos vies.


Teaser vidéo réa­li­sé par Maël Lagadec.

Terre, clopes et caféine

Portrait d’un métier de la mort. Celui d’un fos­soyeur. Celui de Patrick. A tra­vers son expé­rience, s’im­pro­vise une balade à la décou­verte des allées silen­cieuses du lieu emblé­ma­tique que repré­sente le cime­tière d’Ixelles. Patrick évoque les corps qui reposent sous la terre, se sou­vient de ceux qui n’y sont plus. En s’en­fon­çant davan­tage dans les allées, entre tombes fraî­che­ment creu­sées et fleurs fanées, la per­son­na­li­té du jeune fos­soyeur se dévoile.

La première fois que je suis devenu fou(le)

«Je péné­trais dans un champs de conscience qui m’était jusqu’alors inter­dit ou caché et je n’y recon­nais­sais rien. J’ai eu l’impression ver­ti­gi­neuse d’accéder à un nou­vel étage de mon être. Je ne savais pas si j’étais mort ou si je venais de naître. Tout y était inouï et incer­tain. Je ne pou­vais plus inter­pré­ter ce que je res­sen­tais. J’avais un nou­vel uni­vers à déchif­frer dont chaque signe était un miroir de ma perplexité.
Je me suis dit, ou plu­tôt cela s’est dit à tra­vers moi :
Ma folie est le der­nier rem­part entre moi et une liber­té totale.
Qui céde­ra le pre­mier ? Le rem­part ? Moi ? Ou la Liberté ?»

Le souffle de l’arpenteur

Partir à la recherche du souffle juste… Juste pour un joueur de naï, juste pour un alpi­niste, juste pour un urgen­tiste, juste pour une artiste. Les his­toires et les vies se croisent. Et elles croisent la mort. Le voyage prend alors l’allure d’une quête, et lorsque les mots manquent, les sons prennent le relai… C’est alors que l’oreille crée le pay­sage. Le coeur est plus proche…
Et dans les espaces qui s’ouvrent à nous sen­tir que l’on res­pire et que, quoi que l’on fasse, la vie y est un élan.

Qualia

Cinq femmes artistes pro­ve­nant de dif­fé­rentes cultures mettent en paroles une expé­rience phy­sique forte, mar­quante à vie. L’une d’entre elles ne dit pas la véri­té. Du lan­gage cor­po­rel et du lan­gage par­lé. De la richesse du bilin­guisme. De la com­plexi­té des tra­duc­tions. De l’u­sage du sens, du son et des sens.
Qualia ques­tionne l’utilisation du son dans le sto­ry­tel­ling, sa capa­ci­té à tou­cher le sub­cons­cient, sa puis­sance à pro­vo­quer des réac­tions phy­siques et des images men­tales. Vous voyez ce que je veux dire?

El Gat

Photo de Aylen Torres

Photo de Aylen Torres

El Gat est aux aguets, il observe atten­tif et amu­sé la vie qui passe sur la Rambla del Raval. À tra­vers l’é­coute des pay­sages sonores du quar­tier et de la parole don­nées aux habi­tants et pas­sants, l’é­nig­ma­tique Gat va révé­ler ses vies passées.

Du 12 au 24 sep­tembre 2016, l’ar­tiste sonore Chloé Despax réa­lise au cours d’une rési­dence à La Place cette pièce radio­pho­nique sur El Gat, sculp­ture monu­men­tale en bronze réa­li­sée par Botero.
L’hörspiel qui en résulte est com­po­sé d’éléments sonores hété­ro­gènes, col­lec­tés au tra­vers d’une varié­té de dis­po­si­tifs tech­niques et par­ti­ci­pa­tifs dans l’espace public. Soundscapes, poé­sies, matières sonores abs­traites, mul­ti­pli­ci­té de voix et de langues s’y entre­mêlent pour don­ner corps et vie au félin gigantesque.

Une vie partagée

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Augusta était api­cul­trice et avait un secret. Au prin­temps, lorsqu’un essaim sor­tait de la ruche, elle venait silen­cieu­se­ment s’assoir à proxi­mi­té et dépo­sait un panier devant elle. Après un temps plus ou moins long, l’essaim pre­nait son envol et les abeilles, par mil­liers, entraient dans son panier. A pré­sent dis­pa­rue, per­sonne ne sait com­ment elle procédait.

« Une vie par­ta­gée », chro­nique de cette période d’essaimage, nous fait entendre la voix d’hommes et de femmes qui, par la qua­li­té de la rela­tion qu’ils ont tis­sée avec leurs abeilles, nous amènent à nous inter­ro­ger sur notre rela­tion au monde ani­mal et à l’environnement, sur la science et, fina­le­ment, sur notre humanité.

La Sardine et le Loup de mer

la sardine et loup de mer-1

Naguère, au ver­so des cartes de navi­ga­tion, on trou­vait le récit d’une aven­ture mari­time exem­plaire pour par­faire l’é­du­ca­tion des jeunes marins. En 2014, j’enfile un ciré jaune et embarque à bord du voi­lier d’un vieux loup de mer pour tra­ver­ser la Manche. S’engage une conver­sa­tion autour d’un savoir-faire, d’une pra­tique: il paraît que la meilleure façon d’ap­prendre la navi­ga­tion, c’est de prendre la mer.