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Jouk li jou

JoukLiJou

Tourbillon d’hommes et de pous­sière, Port-au-Prince ne se tait jamais. De l’aube à l’aube, 2 mil­lions d’habitants, de coqs et de chiens déam­bulent sur des trot­toirs invi­sibles, livrés à eux-mêmes pour effa­cer les der­nières traces du séisme du 12 jan­vier 2010. Voici les chants de ceux qui, chaque jour, cherchent à apai­ser la terre qui gronde ou à crier plus fort qu’elle.

JOUK LI JOU en écoute sur:

Cette créa­tion a été rea­li­sée en paral­lèle du docu­men­taire audio de Caroline Berliner «Jusqu’à ce qu’il fasse jour» (52 min) consa­crée à trois artistes de Port-au-Prince lors du fes­ti­val de théâtre Quatre Chemins, à décou­vrir par ici.

Jusqu’à ce qu’il fasse jour

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Haïti, décembre 2014.

Poètes et pen­seurs s’apprêtent à inves­tir les ruines de Port-au-Prince pour pré­sen­ter au public leurs pro­chaines créa­tions théâtrales.

De quoi rêve-t-on quand on a 30 ans à Port-au-Prince ? Pour soi-même, pour l’autre pour le pays ? Quelle place occupe l’artiste dans un pays où tout pous­se­rait vers d’autres prio­ri­tés, plus criantes, plus néces­saires ? Avec quoi s’avance-t-on dans l’âge adulte dans un pays où l’on dit que l’on sur­vit plu­tôt que l’on vit ?

A l’aube du Festival de théâtre Quatre Chemins — et de la com­mé­mo­ra­tion du séisme qui dévas­ta le pays cinq ans plus tôt – Caroline Berliner a sui­vi leur déam­bu­la­tion sur le ter­ri­toire de la capi­tale et a cher­ché les coïn­ci­dences entre fic­tion et réa­li­té, par­cours intime et his­toire col­lec­tive, néces­si­té artis­tique et enga­ge­ment citoyen.

En paral­lèle de ce docu­men­taire, Félix Blume et Caroline Berliner ont réa­li­sé JOUK LI JOU, une carte pos­tale sonore où l’on peut entendre les chants et les sons d’une jour­née à Port-au-Prince. C’est pro­duit par Arte Radio et c’est à décou­vrir par ici.

Un article «UNE RADIOGRAPHIE DE PORT-AU-PRINCE» est paru dans le MagHaiti: à lire ici http://www.maghaiti.net/jusqua-ce-quil-fasse-jour-une-radiographie-de-port-au-prince/

Femmes de Gilles

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A Binche, les femmes ne peuvent pas être Gilles. Pourtant, on dit qu’un homme n’est rien sans sa femme. Dans les cou­lisses du Carnaval, quatre femmes d’une même famille, quatre géné­ra­tions dif­fé­rentes, racontent leur façon de vivre cet évé­ne­ment unique dans le folk­lore belge, depuis les pré­pa­ra­tifs jusqu’au grand ras­sem­ble­ment. Autrefois, si la place des femmes au sein du Carnaval était une repro­duc­tion du rôle social de la femme dans la socié­té, aujourd’hui, il semble qu’on assiste davan­tage à un jeu de rôles accep­té tant par les hommes que par les femmes. Il s’agit plus de re-vivre à l’infini les sou­ve­nirs du temps pas­sé d’une manière col­lec­tive, et de conso­li­der les liens sociaux et fami­liaux des habi­tants à l’intérieur de la cité fortifiée.

Article paru dans Syntone: http://syntone.fr/au-carnaval-de-binche-des-femmes-face-aux-masques/

Come come

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Écouter les sirènes signi­fie être entré dans l’espace cen­tral d’une tona­li­té qui nous inter­pelle inti­me­ment et désor­mais, vou­loir res­ter dans la source d’émotion de ce son dont on ne peut se pas­ser .

Peter Sloterdijk, Sphères I. Bulles (1998)

Come Come est né d’une inter­ro­ga­tion fas­ci­née sur la figure des sirènes, à par­tir de celles d’Homère, qui révé­lèrent à Ulysse un « tré­sor » de science. Quel était-il ? L’histoire ne le dit pas. Mais si les sirènes reve­naient dans notre monde contem­po­rain, quel serait ce « tré­sor » adres­sé aux humains ? Dans une fic­tion empreinte de réa­lisme magique, Isabelle Dumont et Candy Saulnier nous guident à la décou­verte de cette énigme à tra­vers un voyage vocal et musical.

Cette fic­tion radio­pho­nique est la pre­mière par­tie d’un dip­tyque sur les sirènes dont la pro­chaine étape pren­dra la forme d’un réci­tal scénique.

Les mots de ma mère

Aujourd’hui, ma mère a ten­té de payer le bura­liste du vil­lage avec des billets de Monopoly, elle pen­sait qu’il ne ferait pas la dif­fé­rence. Elle est atteinte d’une mala­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive appe­lée Démence Sémantique : une pomme, une chaise, une fleur sont des mots qu’elle ne connaît plus. Ma mère n’aura jamais conscience de sa mala­die. Elle trouve qu’elle va très bien.

En écoute sur Tënk, la pla­te­forme du ciné­ma docu­men­taire, du 12/10 au 12/12/2018.

article dans Télérama: http://www.acsr.be/wp-content/uploads/LMM_telerama.pdf
article dans Bela: http://blog.bela.be/elle-a-fait-un-bebe-radio-du-cinema-toute-seule-ou-presque/
article dans Syntone : http://syntone.fr/les-mots-de-ma-mere-chro­nique-dune-dis­pa­ri­tion-enre­gis­tree/
article dans En Marche : https://www.enmarche.be/cultu­re/­me­dias/­crea­tion-radio­pho­nique-les-mots-de-ma-mere.htm

Derrière les yeux

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J’ai tou­jours connu ma grand-mère, Eugénie, comme quelqu’un d’authentique, une conteuse, une bonne vivante, ani­mée d’un esprit posi­tif. Lors de nos ren­contres, nous échan­geons sur sa vie et plus par­ti­cu­liè­re­ment sur la vie rurale dans les Ardennes. Elle me raconte sur le ton de l’humour com­ment à l’âge de 38 ans elle a per­du pro­gres­si­ve­ment la vue. N’étant pas née à cette époque, j’a­vais envie d’en savoir davan­tage. Je découvre ain­si com­ment elle a fait face à cette perte. Et je me rends compte à quel point son quo­ti­dien est orga­ni­sé en fonc­tion de sa céci­té: comp­ter les marches, se repé­rer à la lumière…

Des cd’s séri­gra­phiés en édi­tion limi­tée et au prix de 6euros peuvent être com­man­dés à atelier[at]acsr.be.

J’ai tant de choses à dire

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Noémie a trois mois. Elle est toute petite dans son corps de bébé. Elle gazouille, elle rit, elle pleure, elle découvre de son regard vierge le monde. Ses parents, Frédéric et Hélène, accèdent à sa vie inté­rieure via une tech­nique, appe­lée com­mu­ni­ca­tion connec­tée. Un code binaire cor­po­rel de oui et de non, et un panel de ques­tions fer­mées, leur per­mettent d’at­teindre ce qu’elle cherche à leur dire.
Noémie échange aus­si avec sa mar­raine Charlotte, sur un autre mode de com­mu­ni­ca­tion, dit intui­tif, qui passe par le res­sen­ti et les sensations.

Quelle conscience du monde nous donne-t-elle à entendre du haut de ses quelques mois ? Comment ses parents et sa mar­raine vivent le quo­ti­dien avec ces nou­veaux modes de com­mu­ni­ca­tion ? Quelle est cette part pro­fonde de l’être humain qui rend pos­sible un tel dialogue ?

Tendez l’o­reille, et lais­sez ce bébé vous entrai­ner dans des dimen­sions sen­sibles, sub­tiles et surprenantes..

Un monde vécu

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Illustration de Claire Gatineau

Illustration de Claire Gatineau

Un monde vécu est un long voyage fait de ren­contres, auprès de ceux et celles qui ne veulent pas se lais­ser dépos­sé­der par la logique de l’agriculture industrielle.
Un docu­men­taire sur la recon­quête d’un monde de savoir faire et d’expérience, d’«un monde vécu» comme l’écrivait André Gorz.
Une réflexion sur la néces­saire recon­quête de notre liberté.
Vous n’y trou­ve­rez ni d’experts ni non experts, mais sim­ple­ment des per­sonnes qui se mettent en mou­ve­ment, se ques­tionnent, tentent de trou­ver un che­min ou l’en­ga­ge­ment laisse une place au plaisir.

La Sicile à bout de souffle

autoportrait la sicile

Il y a celle qui part et ceux qui restent.

Chaque année, Chiara rentre chez elle pour par­ti­ci­per à une marche anti-mafia.

Chaque année, elle amène avec elle des amis. Pour qu’ils découvrent à tra­vers ses yeux son île. Pour qu’elle puisse se rap­pe­ler à elle même d’où elle vient. Il y a celle qui part et ceux qui res­tent. La déchi­rure des départs émerge de l’intimité des rencontres.

Guillaume Abgrall et Chiara Todaro conçoivent la radio comme un espace où le sou­ve­nir, le non-dit, les paroles indi­cibles peuvent s’exprimer.

La radio ouvre la pos­si­bi­li­té d’un dia­logue avec l’absence, avec le pas­sé. Le manque et le man­qué se racontent.

Aux douches

Aux douches carre

«Bruxelles, pis­cine des Marolles. À l’écart des plon­geoirs, des bas­sins et de l’odeur du chlore, au bout d’un long cou­loir, se trouve un espace mécon­nu, celui des bains-douches. Dans l’intimité d’une cabine métal­lique, les 20 minutes d’eau chaude sont pré­cieuses. Sous le tumulte de l’eau, le temps s’étire, le monde se dis­sout. La parole se libère. L’eau agit comme un révé­la­teur, fait remon­ter à la sur­face des sou­ve­nirs anciens. Il y a l’intérieur et le dehors. Avant et après. Les éclats de voix de Viviane, Alfred, Eric, Leo et Marc animent ce lieu, le font résonner.»201