Les séances d’écoute – 1ère saison 2026
Retour sur les séances d’écoute de cette saison !
À la fin du processus d’une création sonore, quand tout est là, enregistré, monté, assemblé, mixé, que tout est prêt, le moment tant attendu est arrivé : la séance d’écoute. Cet instant où le travail, réalisé par les auteurices durant plusieurs mois – voir plusieurs années – est enfin dévoilé à un public.
C’est une émotion particulière de voir tous ces projets sortir au grand jour, conquérir les oreilles des curieux·euses venu·e·s entendre en avant-première ces créations. À l’acsr, nous chérissons ces moments précieux qui nous lient les un·es aux autres et qui ouvrent les portes de nos imaginaires collectivement.
Un grand merci à nos partenaires lors de ces instants suspendus : La Maison Poème, Le Cinéma Nova, Babelfish, le Festival En Ville !, le Cinéma Nova – et à tous les autres lieux qui ont accueillis des écoutes dernièrement : le Théâtre de la Vie, le Cercle du Laveu, la Maison de quartier Malien, le Toaster, la Tour à Plomb, le CWB Paris, le Recyclart.
(Re)découvrez toutes ces créations sonores sur Radiola et dans les podcasts sur les applis.
Bonnes écoutes !
- Qui à tué Jeanneke ? de Laura Di Spurio
Un soir d’hiver en 1906, le corps sans vie d’une petite blonde de 8 ans est retrouvé dans une rue du centre-ville de Bruxelles. Le crime est violent et abject. La police multiplie les erreurs. La presse en fait ses choux gras. Le meurtrier, lui, n’est jamais arrêté. Ce crime demeuré irrésolu devient “l’Affaire de la rue des Hirondelles”; la petite blonde, “la martyre de Bruxelles”.
120 ans plus tard, une historienne des femmes et des filles raconte sa version de l’Affaire de la rue des Hirondelles en nous emmenant dans le Bruxelles de 1906 où se croisent la victime, ses copines, sa famille et de nombreux·ses Bruxellois·es emporté·e·s dans le tumulte de ce drame.
Récit choral porté par des comédien·nes amateur·ices, Qui a tué Jeanneke ? détourne les codes du true crime pour proposer une variation sensible et poétique d’un fait soi-disant divers.
- Sans Faute de Delphine Wil
Sans Faute suit quatre footballeuses de l’Union Saint-Gilloise, prises entre l’élan collectif du terrain et les tensions qu’impose une compétition exigeante. À travers trois années d’enregistrement, le documentaire sonore capte leurs parcours d’adolescentes ou de jeunes trentenaires qui se croisent puis s’éloignent, entre doutes et ambitions. Privées du soutien réservé aux équipes masculines, elles doivent puiser en elles-mêmes pour continuer à jouer, à grandir, à tenir.
Le récit mêle paroles, gestes et souffles, amenant l’auditeurice vers une écoute plus intime où se révèlent les forces des joueuses, leurs fragilités et leur besoin vital d’un collectif qui les ressource.
- Apprivoiser le flou de Leo Ligavant
C’est le récit de deux adelphes qui cherchent à remettre l’envers à l’endroit, en rouvrant des espaces de discussion avec leur mère à qui iels n’ont jamais vraiment posé de question après que celle-ci leur ait dit que « quand elle était petite son grand-père était méchant avec elle ».
Ensemble iels tentent de cerner les indices qu’il y avait malgré le silence et l’amnésie, de faire de la place à ce qui leur a été transmis depuis ce traumatisme, de trouver la légitimité de nommer l’impact qu’a eu dans leur vie ce dernier alors qu’iels ne l’ont pas vécu dans leurs chairs. Iels s’interrogent et tâtonnent : comment confronter un parent qui a été violenté à sa propre violence ?
C’est une histoire de famille, de volonté de protéger les autres qui échouent, de quête de réparation, mais c’est surtout une tentative de faire entendre ce que fait la domination adulte aux enfants. En creux, ce récit tend à nous rappeler combien les violences faites aux enfants font système et comment l’inceste nous éclabousse toustes sans exception.
- Donner c’est donner de Delphine Salkin
Qu’en est-il du don de soi alors que notre vie s’arrête et qui est donneur·euse ? Pour quoi et pour qui ?
“Donner c’est donner” questionne le don en partant du point de vue de l’enfant pour aller à l’autre extrémité, à la fin de vie. Sommes-nous prêts à donner notre corps à la science ou le donner pour qu’on y prélève les organes ?
Delphine Salkin aborde ces questions en immersion à l’hôpital Erasme à Bruxelles en 2024 au Service des Soins Intensifs et de la Transplantation pour y suivre le don d’organes depuis le donneur jusqu’au receveur. Conjointement, elle tisse la question du don en faisant entendre la parole des enfants de huit et neuf ans rencontrés lors d’ateliers sur le don dans une école à Bruxelles.
La prochaine écoute :
- Là où nous sommes de Aude Piette & Jérome Mabille
Le mercredi 03 juin à 19h30 à la Tricoterie.
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